Les espèces de grenouilles autochtones que l’on rencontre en France appartiennent à la famille des Ranidés (vraies grenouilles) et au genre Rana.

 

Grenouilles vertes

 

L’identification précise des espèces de Grenouilles vertes (sous-genre Pelophylax) est souvent difficile. Les différents taxons se ressemblent et sont à la fois très variables. Ce groupe est soumis à des phénomènes d’hybridation naturelle stabilisée (hybridogenèse) et nécessite ainsi, dans certains cas, une confirmation génétique. Quoiqu’il en soit, 13 taxons sont identifiés en Europe bien que les liens de parenté ne soient probablement pas encore tous connus. En Gironde, on compte au moins 3 taxons :

 

  • La Grenouille de Pérez Rana perezi (Seoane, 1885) est présente dans la moitié sud de la France ; c’est la grenouille verte la plus commune dans notre département.

 

  • La Grenouille rieuse Rana ridibunda (Pallas, 1771), originaire d’Europe centrale et de l’est, introduite plus au sud à des fins gastronomiques entre autres.

 

  • La Grenouille de Graf Rana kl. grafi (Crochet, Dubois et Ohler, 1995) : ce taxon ne peut donc pas être considéré comme étant une vraie espèce car en fait un hybride fécond des deux espèces précédentes. Elle peut se reproduire avec une de ses espèces parentales.

 

Description :

De coloration verte très variable, la peau est lisse, plus ou moins tachetée et présente généralement une ligne médiane dorsale vert à jaune clair. De plus, ces grenouilles se distinguent des grenouilles brunes par leurs yeux plus rapprochés sur le dessus de la tête, l’absence de masque temporal sombre et la présence de sacs vocaux externes latéraux chez les mâles. Les femelles adultes sont souvent plus grandes que les mâles.

 

La Grenouille de Pérez mesure jusqu’à 9 cm de long (pour les femelles), elle est relativement mince, son museau est pointu et son dos est vert, gris ou marron avec des taches irrégulières marron à noir.

La Grenouille rieuse est, avec ses 13 centimètres, la plus grande grenouille indigène d’Europe. Elle est trapue, a de longues jambes et son dos est brun olive avec des taches sombres brunes ou vertes aux formes irrégulières.

La Grenouille de Graf ressemble beaucoup à la Grenouille de Pérez mais est cependant un peu plus grande.

 

Habitat : « De l’eau, de l’eau, de l’eau »

Ces grenouilles vivent dans une multitude de milieux aquatiques, allant de la flaque au grand plan d’eau, ainsi qu’en eau courante. Elles peuvent même tolérer des eaux polluées ou saumâtres.

 

Mœurs : « Famille nombreuse »

Leur mode de vie est très aquatique ; elles peuvent se regrouper (taxons confondus) en grand nombre et sont généralement, lors de la période de reproduction, très bruyantes. Le chant peut d’ailleurs constituer un outil important dans l’identification des espèces.

Elles sont actives de jour comme de nuit, prenant un bain de soleil dans la végétation aquatique ou se laissant flotter à la surface de l’eau, jambes étendues.

Elles se nourrissent d’arthropodes, de vers, de petits mollusques…

L’hivernage est aquatique, dans la vase des fonds de mares et étangs, mais peut être terrestre pour la Grenouille de Pérez.

La période de reproduction est plus ou moins longue et peut aboutir, comme chez la Grenouille de Pérez, à des pontes allant de 800 à 1000 œufs regroupés en amas gélatineux. A noter que les têtards de cette dernière sont très résistants et peuvent même hiverner.

La maturité sexuelle est atteinte au bout de 1 à 3 ans et la longévité maximale observée jusqu’à 10 ans.

 

Menaces :

Comme toutes les espèces d’amphibiens, les grenouilles vertes sont tributaires de la qualité de leur milieu de vie et de la diminution en nombre et en surface des zones humides.

Elles sont aussi très vulnérables lorsque des axes routiers croisent leurs déplacements pré et postnuptiaux.

Enfin, l’introduction et l’élevage plus ou moins bien contrôlé de certaines grenouilles allochtones menacent les génomes des espèces indigènes. En effet, les hybridogenèses très répandues dans ce groupe engendrent une vraie pollution génétique et la perte à terme d’un patrimoine.

 

Statut de protection :

Ces trois taxons sont protégés en France.

Le Livre rouge des vertébrés de France classe la Grenouille de Pérez et la Grenouille rieuse « à surveiller ».