« Il n’y a pas de
grenouille qui ne trouve son crapaud… »
Les croyances religieuses et
populaires mènent la vie dure aux bestioles à sang froid.
Au
commencement, il y avait…
La
loi lévitique sur les animaux purs et impurs classe la grenouille dans les
impurs. En effet, les hommes ne doivent pas s’en approcher et, s’ils en
touchent une morte, ils deviendront à leur tour impurs jusqu’au soir !
De
même, pour inciter Pharaon à libérer les Hébreux qu’il retient en esclaves,
Dieu menace d’infester de grenouilles son territoire (Ex 7:28- Le
fleuve grouillera de grenouilles, elles monteront et entreront dans ta maison,
dans la chambre où tu couches, sur ton lit, dans les maisons de tes serviteurs
et de ton peuple, dans tes fours et dans tes huches).
Le
crapaud serait, quant à lui, la réincarnation des pêcheurs condamnés à se
traîner sur le ventre dans la saleté et dans la nuit pour cacher leur laideur.
Le
domaine artistique n’épargnera pas non plus les amphibiens…
Ainsi
Jérôme Bosch (1453-1516) peint une grenouille qui s’attaque aux mains de ses
personnages pour symboliser l’avarice, une autre posée sur le sexe pour
l’adultère. De même, un crapaud ou une grenouille qui engloutit le sein d’une
femme symbolisera la luxure.
Grenouille et crapaud seront associés au
Diable et aux sorcières. Les Hommes se méfient de l’aspect terne et verruqueux
du crapaud. Il trône sur l’épaule de la sorcière qui le consulte au besoin et
sa pupille provoquerait l’évanouissement.
Mais,
comme « la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe », les
amphibiens n’inspirent pas toujours la répugnance.
Ainsi,
la grenouille est aussi associée à l’idée de résurrection et de multitude. Elle
est un symbole sexuel important et on lui prête des vertus aphrodisiaques (en
raison de certains insectes qu’elle mange). Il en est de même pour le crapaud
qui représente aussi la fécondité dans la mythologie.
Et
n’oublions pas que certains d’entre eux sont devenus des princes
charmants d’un simple baiser…