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Les années se suivent....

...Et se ressemblent

 

                                                         

Communiqué de Presse.

 le 22 mai 2014 
 

Autoroute A65 Langon-Pau : trafic en baisse !

Pour la quatrième année consécutive, les associations SEPANSO Aquitaine, ARLP et LEA ont effectué pendant 24 heures leur comptage annuel sur l'A65 [1].

Le trafic total journalier moyen de 5242 véhicules/jour mesuré, en baisse par rapport à 2013, est inférieur de près de 48% à l’objectif affiché par le concessionnaire pour 2014.

Ainsi plus de 3 ans après la mise en service de cette infrastructure, et malgré l’obligation faite aux camions de transit circulant sur l’axe Langon-Pau de délaisser la route au profit de l’autoroute[2], le trafic total de l’autoroute la plus chère de France stagne en Gironde et baisse au sud de Mont de Marsan.

Dans un même temps, le trafic de la RN 524 avec 8701 véhicules/jour dont encore 415 poids lourds, affiche une insolente vigueur et démontre, si besoin était, la nécessité qu’il y aurait à aménager et sécuriser cet axe important.

Après avoir obligé une majorité des PL à emprunter l’A65, on se demande ce qu’il va falloir encore inventer pour sauver l’autoroute la plus chère de France.

Peut-être interdire la route gratuite aux voitures ?

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[1] Ce comptage a été effectué du 20 mai à 20 h au 21 mai 2014 à 20h simultanément sur 3 points de l’A65 dans les départements de la Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques ainsi que sur la RN 524 à l'entrée nord de Bazas en Gironde.
[2] C’est à compter du lundi 18 novembre 2013, qu'est entrée en vigueur l'interdiction de circuler pour les poids lourds en transit de plus de 7,5 tonnes sur le réseau parallèle à l'autoroute A65. La desserte locale reste quant à elle autorisée.


 

 

Communiqué de Presse.

 le 14 octobre 2013 
 

Autoroute A65 Langon-Pau :

Après le fiasco écologique, en route vers le fiasco financier.


Selon le rapport financier annuel 2012(1) du concessionnaire Aliénor, le trafic réel de l’autoroute A65 Langon Pau se situe, en sa deuxième année d’exploitation, très en-dessous des prévisions.
Le Trafic Journalier Moyen Annuel (TJMA) constaté durant l’année 2012 est de 5562 véhicules/jour (5221 véhicules légers et 341 poids lourds), inférieur d’environ 40% aux prévisions du contrat de concession signé en 2006.
Cet écart atteint -66% pour le trafic poids lourds.
Conséquence logique de ce trafic en berne, le déficit d'exploitation de l'autoroute A65 s'établit en 2012 à un niveau record dépassant 35 millions €, donc en augmentation par rapport à 2011.

Selon l’analyse(2) d’un élu du Conseil Régional, les incertitudes sur la viabilité financière de la concession de l’autoroute A65 s’accroissent, renforçant les risques, pour les collectivités territoriales signataires de la convention financière(3), de devoir acquitter à terme les dettes du concessionnaire.

Force est de constater que les vicissitudes de cette autoroute, voulue par la plupart des grands élus d’Aquitaine et inaugurée en grande pompe(4) en décembre 2010, ne dissuadent pas les mêmes promoteurs de vouloir se lancer dans une aventure autrement plus coûteuse et risquée, celle des projets de LGV Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Espagne dont les coûts sont estimés en 2013 à plus de 13 milliards d’euros et dont la rentabilité est plus qu'incertaine.

Alors que le manque de transparence sur les hypothèses de trafic, le coût des péages et les risques financiers encourus par la collectivité, est une des causes du fiasco annoncé de l’autoroute A65, il serait irresponsable de ne pas en tirer toutes les leçons pour d’éventuels projets futurs d’infrastructures de transport en Aquitaine.

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1 http://www.bilansgratuits.fr/A---LIENOR--49152985500034/bilans/2012/compte-annuels/compte-de-resultat/complet.htm
2 Autoroute A65 Langon-Pau : En route vers la faillite ? Patrick du Fau de la Mothe. 05/10/2013
3 Il s’agit du Conseil régional d’Aquitaine ainsi que des Conseils généraux de Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques, signataires de la convention financière annexe 21 du contrat de concession
4 Cf «l’Inaugurite ». page 103 du « petit livre noir des grands projets inutiles ». Camille. Le passager clandestin. 09-2013.
 


                                                        

 

Communiqué de Presse.

 le 17 juin 2013 

Autoroute A65 Langon-Pau : du rêve à la réalité .


Pour la troisième année consécutive, les associations SEPANSO Aquitaine, ARLP, et LEA, ont effectué un comptage pendant 24 heures1 du trafic de l’autoroute A65. Cette opération a été menée simultanément en Gironde dans les Landes et dans les Pyrénées Atlantiques.

Le verdict est sans appel : avec une moyenne de 5436 véhicules dont 494 poids lourds sur les 3 points de comptage on reste très loin des prévisions initiales qui tablaient sur un trafic global de 10397 véhicules/jour en 2013. Le record de basse fréquentation étant établi dans les Landes avec seulement 4903 véhicules dont 403 poids lourds au sud de Mont de Marsan.

À noter qu’en Gironde où des comptages avaient été opérés en 2012, la baisse du trafic des poids lourds est de -16,4% en une année alors que les prévisions tablaient sur une augmentation de +18,09% pour la même période.

Ce sondage sur 24h est suffisamment éloquent pour pouvoir penser que la rentabilité restera longtemps un mirage inaccessible.

Il ne suffit pas de construire une autoroute pour que le trafic soit au rendez-vous en dehors des quelques week-ends de ski.

L’A65 aura été le premier grand projet inutile imposé post Grenelle. Avant de prolonger cette autoroute vers Oloron ou de se lancer dans des nouveaux chantiers autrement plus onéreux et destructeurs que sont les LGV, il est urgent que les décideurs (État, élus...) qui l’ont imposée, en tirent les leçons.

Nous y veillerons.


    

 

 Communiqué de presse

 Mardi 6 novembre 2012

Autoroute A65 Langon Pau, Aéroport Notre Dame des Landes :
mêmes causes, mêmes effets.

Le rapport financier annuel 2011[1] d’Aliénor, concessionnaire de l’autoroute A65 Langon-Pau, confirme ce que les associations dénoncent régulièrement depuis l’origine du projet, à savoir que le trafic de cette autoroute, nettement inférieur aux prévisions à l’issue de cette première année d’exploitation, est insuffisant pour en assurer l’équilibre financier.

Une fréquentation surévaluée pour justifier des projets ruineux et nuisibles à l’environnement.

  • le bilan financier 2011 de cette concession autoroutière présente un déficit énorme d’environ 35 millions d’euros[2], par ailleurs égal au chiffre d’affaires

  • Le chiffre d’affaires 2011 s’établit à 35 millions d’euros, inférieur d’environ 30% à l’objectif indiqué dans le contrat de concession (annexe financière N°18).

  • Le trafic journalier moyen s’établit à 5332 véhicules/j dont 5,9% de poids lourds inférieur d’environ 40% par rapport à l’objectif initial de 7660 véhicules/j, dont 12 % de poids lourds.

Ainsi, comme l’affirmaient les associations dès 2006, cette autoroute particulièrement destructrice de l’environnement et qui est l’une des plus chères de France, pourrait se révéler aussi un gouffre financier. 

Ce bilan 2011, démontre que la croissance du trafic routier mise en avant pour justifier l’infrastructure n’est pas une donnée inéluctable. Comme pressenti à l’époque, la hausse du coût des carburants est un des facteurs importants qui détermine l’évolution du trafic routier.

L’autoroute A65 Langon Pau va-t-elle rejoindre la longue liste des autoroutes espagnoles en redressement judiciaire en 2012 ?[3] Les contribuables sont en droit de se poser la question.

Les associations de protection de l’environnement espèrent tout au moins que les déboires financiers de cette autoroute concédée en Aquitaine permettront de dissuader certains décideurs de s’embarquer dans une aventure comparable mais autrement plus coûteuse : celle de la construction des Lignes à Grande Vitesse dans le Sud Ouest (Projets GPSO) d’un montant total de 12 milliards d’euros soit près de 12 fois le coût de l’autoroute A65 ? Ou encore la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes justifiée par une plus qu’hypothétique augmentation du trafic international à destination de Nantes dans un contexte de crise économique mondiale, de renchérissement et de raréfaction des hydrocarbures

 


[1] Aliénor : rapport annuel  2011 de la concession de l’autoroute A65, aux collectivités territoriales
[2] http://www.bilansgratuits.fr/A---LIENOR--49152985500034/bilans/2011/compte-annuels/compte-de-resultat/complet.htm 
[3] Une sixième société d'autoroute espagnole en redressement judiciaire. WK-transport-logistique.fr |24/10/2012| http://www.wk-transport-logistique.fr/actualites/detail/59252/une-sixieme-societe-d-autoroute-espagnole-en-redressementjudiciaire.html
 


 Communiqué de Presse. (le 22 juin 2012)

A65 : le trafic a fondu avec la neige.

Les associations SEPANSO et Landes Environnement Attitude ont effectué sur une période de 24 heures, du 19 juin à midi au 20 juin à midi, un comptage simultané du trafic de l'A65 et de la RN 524 à l'entrée nord de Bazas, là où les trafics locaux vers le Sud Gironde, les Landes et la Bigorre s'ajoutent au trafic Langon-Pau.
Sur cette période, moins de 5.500 véhicules1 ont été comptés sur l'A65 (dont seulement 591 poids lourds) quand dans un même temps près de 9.500 véhicules dont 1.126 poids lourds ont circulé sur la nationale qui n’est toujours pas sécurisée.
En ce mois de juin 2012, on est encore bien loin des 20.000 véhicules/jour permettant de justifier ce type d'infrastructure ou même des 9.000 véhicules/jour nécessaires pour atteindre les très prudentes prévisions de chiffre d'affaire 2012 du contrat de concession.
Quand on compare le trafic réel au trafic promis, on aimerait connaitre les chiffres des retombées économiques réelles afin de les comparer à la manne annoncée.
Les associations demandent à ceux qui seraient tentés d'imposer à notre région d'autres grands chantiers inutiles de tirer préalablement les leçons des promesses non tenues de l’A65.


1-Quoique le nombre de véhicules légers à cette période soit inférieur à celui noté pendant la saison de ski, le nombre de poids lourds comptés un jour sur semaine est en revanche supérieur à la moyenne qui intégrerait les week-ends.


Errare humanum est,

perseverare diabolicum…

  

Au fur et à mesure que le temps passe, les évidences sans cesse rappelées par les associations de protection de l’environnement à propos de l’autoroute A65, sont désormais admises d’un nombre croissant de citoyens contribuables, au point que très rares sont aujourd’hui ceux qui osent encore trouver des qualités à cette infrastructure dont la construction après le Grenelle, plus qu’une erreur, aura été une véritable faute.

Mais « très rares » ne signifie pas « aucun »…

En effet, nous avons eu la très désagréable surprise de trouver à la page 8 du compte rendu d’activités 2010 de la DREAL Aquitaine[1] , sous le titre « A65, l’autoroute Grenelle » un article dithyrambique à la gloire de cet équipement haïssable. Truffé de contrevérités à propos de la sécurité, de la protection des riverains, de l’insertion environnementale, de la protection de l’eau et des milieux humides, de la protection des espèces animales et de leur habitat, cet article publié à l’issue de l’année mondiale de la biodiversité, est construit comme une véritable ode à l’A65, au point qu’on se demande si son auteur ne serait pas le service communication de sa société concessionnaire.

Au moment où la courbe d’évolution du trafic routier va s’inverser en raison de la prévisible raréfaction des combustibles fossiles et de l’indispensable lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, au moment où chacun sait que vitesse est synonyme de consommation accrue, les « gains de temps significatifs » sont mis en avant sans états d’âme pour justifier l’autoroute Grenelle. C’est révélateur !

Bien sûr, l’A65 est présenté par la même occasion comme un « progrès pour la sécurité des usagers », mais l’article oublie de préciser que cette sécurité, toute virtuelle si l’on se réfère au nombre surprenant d’accidents déjà constatés pour un si faible trafic, est réservée à ceux qui peuvent acquitter un des péages les plus chers de France pour une telle distance. En vantant la sécurité des usagers, la DREAL oublie aussi que le muret central de l’A65 n’apporte qu’une illusion de sécurité car il ne s’oppose ni à la traversée des poids lourds, ni même des autos, elle oublie de même la sécurité en cas d’intempéries et les automobilistes en détresse dans l’eau, moteur noyé, alors que la circulation reste possible sur l’ancienne route. Mais elle oublie surtout que les usagers les plus nombreux, sont ceux qui rebutés par le prix prohibitif du péage, continuent à emprunter la route classique rendue plus dangereuse par l’étroitesse des ouvrages de franchissement de la nouvelle autoroute. D’ailleurs si de nombreux accrochages sans trop de gravité ont déjà eu lieu sur les franchissements par les petites routes, le premier accident mortel s’est produit le 4 aout 2011, moins d’un an après l’ouverture, sur une rampe d’accès à un pont franchissant l’A65 à Bernos-Beaulac.

Heureusement que l’A65 a fait l’objet d’un « traitement attentif en matière d’insertion environnementale dès la phase chantier ». Ceux pour qui les bruits, les vibrations et les poussières de chaux du chantier ont été insupportables, l’ont échappé belle, le trafic aurait pu être tel qu’il avait été annoncé pour justifier l’ouvrage, au lieu d’être notoirement insignifiant… Mais quand bien même, quand on a choisi d’habiter au silence et qu’on est devenu riverain malgré soi, le bruit des camions et voitures, même trop rares pour rentabiliser l’infrastructure, est déjà un bruit excessif que rien ne pourra compenser.
Les riverains confrontés aux nuisances du chantier puis à l’exploitation de l’autoroute, apprécieront sans doute la notion de « mesures sans précédent en faveur de la protection du cadre de vie et de l’environnement ».

Alors que de nombreux puits et des sources ont été asséchés tout au long du tracé et que des pompages et des drainages importants d’eaux souterraines ont été effectués en catimini dans le niveau Miocène aux environs de Bazas pour permettre la traversée de zones humides en déblai, on peut apprécier l’efficacité des mesures prises pour la « protection de l’eau et des milieux humides » qui fait la fierté de la DREAL. Idem pour la « protection des espèces animales et de leurs habitats » quand on sait que les premières destructions d’habitats et d’espèces protégées par les défrichements ont eu lieu bien avant que le dossier de demande de dérogations n’ait été déposé. Manifestement les mesures « sans précédent en faveur du cadre de vie et de l’environnement » n’ont pas non plus empêché que les boues de ruissèlement du chantier polluent sévèrement des ruisseaux à écrevisses à pattes blanches dans les Pyrénées Atlantiques. Cet épisode malheureux pour l’image d’un chantier que ses promoteurs disaient exemplaire a d’ailleurs conduit les agents de l’ONEMA
[2] à dresser des procès verbaux et les associations à poursuivre en citation directe les responsables de ces pollutions que l’Etat ne semblait pas décidé à faire juger…

Nous noterons aussi que la DREAL ne semble pas être dérangée par le remblai dans le lit majeur du Ciron et qu’elle considère qu’il suffit d’aménager des passages de circulation étroits sous l’ouvrage pour que ces boyaux peu engageants soient utilisés par la faune. On aimerait y croire mais ce n’est pas aussi simple. Les animaux se méfient des passages étroits qui peuvent se révéler des pièges. A part quelques espèces fouisseuses, et encore, il risque là aussi, de ne pas y avoir beaucoup de trafic…

Enfin, il est vrai que des « efforts sans précédent ont été faits pour répondre aux demandes du Conseil National de Protection de la Nature » puisque pour ramener à la raison (d’Etat) les membres les plus influents de cette honorable commission, certains d’entre eux avaient été convoqués individuellement par des conseillers du ministre afin que le dossier du maitre d’ouvrage soit enfin jugé satisfaisant en matière de compensations environnementales et que soit enfin délivré un avis favorable aux destructions d’espèces protégées et de leurs habitats lors de la seconde réunion du Comité Permanent du CNPN…

Nous noterons enfin que l’obligation de « préserver ou reconstituer 1372 hectares d’habitats d’espèces remarquables » est bien entendu présentée comme une réussite alors qu’avant d’être ainsi « sauvés » ces territoires de compensation étaient pour la plupart des territoires intacts et non menacés. En revanche, le chantier de l’autoroute Grenelle aura occasionné la destruction bien réelle de près de 2000 hectares de milieux naturels...

Qu’est-ce qui va compenser la perte du puits de carbone des arbres arrachés, ou encore la fragmentation des territoires et la perte de fonctionnalités des corridors écologiques ? Ça, le compte rendu d’activités 2010 de la DREAL ne le dit pas.

Décidément, le mal ce n'est pas tant faire le mal, mais de dire qu'on fait le bien quand on fait le mal et de s’entêter dans cette posture. En l’occurrence, c’est vanter sans pudeur les mérites d’une infrastructure inutile et désastreuse pour l’environnement quand on a justement parmi ses missions les plus nobles la protection de l’environnement.

Par Vison Foutu,
septembre 2011

[1] Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, issue de la fusion de la DRE (Direction régionale de l’équipement), de la DIREN (Direction régionale de l’environnement) et de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement).

[2] ONEMA, Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques.

Communiqué de presse

Autoroute A65 : le compte n’y est pas !

L'autoroute un mardi de mai à 11 h du matin.

Face au silence assourdissant du concessionnaire et des pouvoirs publics sur les chiffres de fréquentation de l’autoroute Langon-Pau, les associations SEPANSO, ARLP, et LEA ont organisé avec le soutien d’associations locales partenaires, un comptage de trafic simultanément en trois points du tracé de cette autoroute, en Gironde, dans les Landes et les Pyrénées Atlantiques.

Le niveau de trafic mesuré le 17 mai 4.000 véhicules/jour en moyenne sur une période de 24 h, est près de 50% inférieur à celui prévu au contrat de concession pour 2011. Le détail des comptages est le suivant :

  • Gironde, entre la sortie Bazas et la sortie Captieux : 1.893 Véhicules Légers et 254 Poids Lourds1 dans le sens Langon-Pau et 1.943 Véhicules Légers et 197 Poids Lourds dans le sens Pau-Langon, soit 4.287 véhicules/jour2 au total
  • Landes, entre la sortie le Caloy et la sortie Aire-sur-l’Adour Nord : 1.606 Véhicules Légers et 181 Poids Lourds dans le sens Langon-Pau et 1.706 Véhicules Légers et 148 Poids Lourds dans le sens Pau-Langon, soit 3.641 véhicules/jour.
  • Pyrénées Atlantiques, entre la Sortie Thèze et l’échangeur de Lescar : 1.942 Véhicules Légers et 252 Poids Lourds dans le sens Langon-Pau et 1.804 Véhicules Légers et 166 Poids Lourds dans le sens Pau-Langon, soit 4.164 véhicules/jour.

Quel que soit le tronçon étudié, on est donc bien loin des 20.000 véhicules/jour jugés nécessaires pour rentabiliser une autoroute, des 9.200 véhicules/jour espérés à l’ouverture par le concessionnaire ou même encore des très modestes 7.660 véhicules/jour prévus à l’annexe 1 du contrat de concession pour 2011.

Comme les associations l’annonçaient depuis le début, et au-delà de ses impacts environnementaux catastrophiques, l’autoroute A65 Langon-Pau pourrait se révéler aussi un fiasco financier. Dans ce cas, et comme le prévoit la clause de déchéance figurant à l’article 40 du contrat de concession, les collectivités territoriales et l’Etat auraient à assumer les dettes du concessionnaire à hauteur de plus d’ 1 milliard d’euros.

Espérons au moins que quelques enseignements en seront tirés avant de se lancer dans d’autres projets encore plus risqués financièrement (LGV)…

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1 - Ont été retenus comme PL les véhicules estimés comme nécessitant un permis PL (PTAC >3,5t) ainsi que les bus de transport en commun.
2 - Chiffres incluant les véhicules de service et de sécurité, bien qu’ils ne puissent être pris en compte pour les calculs de rentabilité.

 L'autoroute des désillusions

Avec l'annonce officielle des montants de péages le 7 décembre 2010, l'A65 est devenue pour beaucoup l'autoroute des désillusions, en confirmant son statut d'autoroute la plus chère de France sur une telle distance.

Ayant analysé le contrat de concession et notamment son annexe 22, les associations avaient pourtant, depuis des années, dénoncé cette véritable " arnaque au péage ".
Nous estimions à l'époque par projection des tarifs 2005 que le tarif aller-retour Bordeaux-Pau devrait s'établir aux alentours de 40 euros en 2010.
Cette prévision était bien en dessous de la réalité puisque le tarif d'un trajet sur l'A65, d'Auros à Lescar, s'établit à 19,70 € pour un véhicule léger, auxquels il faut ajouter les 2,60 € de la portion d'A62 payante jusqu'à l'échangeur d'Auros (et non les 2,20 € d'une sortie à Langon) ainsi que le montant du péage pour aller de l'échangeur de Lescar et la sortie Pau centre par l'A64...

Si on en croit un article publié le 17 décembre dans la République des Pyrénées, le coût total du péage d'un trajet Bordeaux Pau se situerait à 22,90 € ce qui fait l'aller retour à 45,80 €.

L'Autoroute des pigeons.

Avec de tels tarifs, après avoir failli s'appeler l'autoroute des palombières, en raison du nombre élevé de ces installations détruites par le tracé, l'A65 pourrait bien être tout simplement l'autoroute des pigeons.

Nous tenons à souligner que les annexes fixant les montants de péage datent de la signature du contrat de concession en décembre 2006. Le prix élevé des péages ne saurait donc en aucune manière être la conséquence du surcoût de mesures environnementales imprévues.


A noter l'absence de terre-plein central et la fragilité manifeste du muret de séparation pour l'autoroute la plus chère du Sud-Ouest. Il ne faudra pas que les camions se déportent à gauche, la sécurité est à cette condition.

L'autoroute des mensonges

C’était déjà comme ça qu’était perçue l’A65 dès le départ, compte tenu des nombreux mensonges qui ont émaillé la décision de construire cette autoroute payante, concédée au privé, plutôt que d’aménager la route existante.

Ce sentiment de tromperie a été conforté par la suite lorsque les mesures environnementales indispensables ont été présentées comme la cause de tous les retards du chantier, puis quand une communication outrancière a voulu faire passer cette infrastructure pour un bienfait pour la nature et pour la biodiversité.

Que cette autoroute soit celle de tous les mensonges est désormais confirmé, après coup, par la découverte de financements publics alors que toute une communication avait été faite autour du financement exclusivement privé de cet ouvrage concédé.

En effet, a l'article 24 du Décret du 1er septembre 2010 approuvant un avenant à la convention de concession passée entre l’Etat et la société A’Liénor pour la conception, la construction, l’entretien, l’exploitation et la maintenance de la section Langon–Pau de l’autoroute A 65 et au cahier des charges annexé à cette convention, se trouve la petite phrase sibylline suivante :

« Les concours publics prennent la forme d’un apport en nature constitué par la déviation d’Aire-sur-l’Adour. Est par ailleurs assimilée aux concours publics au sens du cahier des charges l’indemnisation pécuniaire versée au concessionnaire en application d’un protocole transactionnel conclu avec le concédant. »

Le coût de la déviation d'Aire sur l'Adour était connu et s'élève à 56,3 millions d'euros, mais celui de l'indemnisation pécuniaire versée au concessionnaire restait un mystère jusqu'à ce que le Préfet interrogé par l'ARLP indique que :

« La part de l'Etat sans participation des collectivités territoriales, est apporté pour partie par un allongement de 5 ans de la durée de concession et pour partie, par une indemnité pécuniaire de 90 M€. »

A ce stade on pourrait en conclure à un apport d'argent public de 56,3 M€ + 90 M€ = 146,3 millions d'Euros mais des petites phrases d'élus, glanées ici ou là, nous laissent entrevoir que des collectivités territoriales auraient pu, elle aussi, apporter leur contribution.

C'est ainsi que le magazine l'Express (n°3099 semaine du 24 au 30 novembre), dans une page du dossier régional consacrée à Garlin (64), cite une petite phrase très révélatrice de l'ancien président du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques : « Sans sortie à Garlin, il n'y avait pas de financement du département. C'était une condition sine qua non. » Dans la mesure où la sortie de Garlin a été réalisée on peut légitimement imaginer qu'il y a eu en contrepartie "financement du département"...

On est loin de l'autoroute concédée payée par l'usager qui ne devait rien coûter au contribuable... et on n'a encore rien vu, car si les trafics ne sont pas à la hauteur des espérances, il faudra encore payer... c'est prévu par l'article 40 du cahier des charges pour la concession, annexé au décret n°2006-1619 du 18 décembre 2006 approuvant le contrat de concession.(*)

* Document incluant la "Convention de concession pour la conception, la construction, l’entretien, l’exploitation et la maintenance de la section Langon–Pau de l’autoroute A65" et le "cahier des charges pour la concession de la conception, de la construction, de l’entretien, de l’exploitation et de la maintenance de la section Langon–Pau de l’autoroute A65"

 

Des nouvelles du beau chantier qui place l'Aquitaine en tête des régions où on respecte le plus la nature.

Quelques photos avant peinture en vert, de la première autoroute répondant aux exigences désormais bien comprises du Grenelle:" Ici on ne respecte pas plus la nature qu'avant, mais on l'affirme beaucoup plus "


Exemple d'intégration environnementale réussie : Débouché d'un drain dans son écrin de géotextiles et plastiques divers.


Autre exemple de mesure environnementale : Passage à .... A quoi ?  Quelle bête oserait s'y aventurer ?


Traversée d'un affluent de la Carpouleyre à Bazas. On notera l'absence de banquette latérale pour la faune et la qualité "durable" de la construction.


Eaux rejetées dans un affluent de la Carpouleyre. Les écrevisses n'auront qu'à porter des masques.

 

Photos prises dans le département des Pyrénées-Atlantiques par nos adhérents. Les tons ocres de la roche nous donnent un avant-goût de ce que pourraient être nos paysages dans un siècle avec le réchauffement climatique...

 

Et comme par miracle, le concessionnaire fait jaillir l'eau en frappant la roche de ses pelleteuses, à la manière de Moïse dans le désert du Sinaï, frappant la roche de son bâton...


Ici en Béarn... du côté de Doumy.

 

 Et là, du côté de Roquefort (Landes)
 

Le seul petit souci, c'est que ici, comme à Bazas (voir ci-dessous) ou ailleurs, l'eau qui se déverse dans le chantier va faire défaut ailleurs. Les anciens puits et sources se tarissent...

Comme quoi, les temps changent. Il n'y a plus de miracles. C'est ballot !

 

Atteintes à la nappe du Miocène à Bazas.    (page modifiée le 15/06/2010)

Extrait de l'Arrêté inter préfectoral du 13 mars 2008 autorisant la société A'LIENOR à réaliser et à exploiter entre Langon et Pau, les ouvrages de l'autoroute A65, susceptibles de provoquer des effets sur l'eau et les milieux aquatiques :

"[...] Dans le département de la Gironde, aucun prélèvement ne sera réalisé dans les nappes profondes objet du SAGE approuvé par arrêté préfectoral du 25 novembre 2003.
Après réalisation des forages et avant prélèvement, le rapport de l'hydrogéologue attestant que les Nappes Profondes du SAGE, cité ci-dessus, ne sont pas atteintes sera transmis au service en charge de la police de l'eau et des milieux aquatiques.
[...]
"  (, Chapitre IV Prélèvements en eau, Article 57 : Ressources en eau souterraine)

  Les photos qui parlent :  
 
 Flanc de la tranchée (clichés pris le 1er mai 2010 avant que tout ne soit camouflé par de la terre végétale)

 Grains de sable du plio quaternaire ou calcaires coquillers du Miocène ? à vous de juger...


Pour la SEPANSO, il ne fait aucun doute que les pompages qui ont duré des semaines entières avec des débits élevés, puis les drains posés 2 m en dessous du toit du Miocène concernent les eaux de cet aquifère. Sinon, s'il s'agissait d'eaux de ruissèlement, pourquoi drainer au fond du décaissement et ne pas se contenter de fossés latéraux ?

(voir également photos ci-dessous)

 

 

Autoroute  A65 respect des engagements de l'Etat :



 

Ou l'art de la peinture verte...

 

Les textes surlignés ou placés sur fond gris-bleu sont extraits du dossier des engagements de l'Etat dont la couverture est reproduite ci-dessus en vignette. Les photos ont été prises sur le chantier par des adhérents.





Pelle travaillant dans la boue des silts argileux noirs du Miocène à Bazas


Pompage dans la nappe à Bazas


Pompage de la nappe à Lignan de Bazas.


Bazas. Quand on creuse trop dans la nappe...


Bazas. Résultat du recoupement des nappes...


Pompage de rabattement de la nappe avant drainage à Lignan de Bazas. Février 2010
 


Pompage de rabattement de la nappe avant drainage à Bazas. Avril 2010


Le message "développement durable" :

Faites un geste pour la nature. Ne gaspillez pas l'eau. Fermez le robinet en vous brossant les dents...

 

Travaux pratiques "développement durable" :

Sachant qu'un français passe en moyenne 5 minutes par jour à se brosser les dents et qu’un robinet de lavabo moyennement ouvert débite 1 litre en 30 secondes, à quelle période de brossage de dents quotidien non respectueux du développement durable (robinet ouvert...) équivaut le pompage de rabattement d’une nappe sur un chantier d’autoroute super écolo pendant 3 mois avec deux pompes de 150 m3/h ne fonctionnant qu’à 50% de leur débit nominal ?

(En prenant un mois moyen de 30,5 jours et une année moyenne de 365 jours)

  • Réponse A   86 ans, 9 mois et 4 jours ?

  • Réponse B   782 ans, 2 mois et 21 jours ?

  • Réponse C   8.876 ans, 8 mois et 15 jours ?

  • Réponse D   90.246 ans, 6 mois et 27 jours ?

Solution en bas des photos accessible par ce lien.


Saignée de Bazas recoupant les nappes d'eau

 


Aire de services de Captieux à la place de landes humides

 


Fossés drainants à Escaudes.

 


 

 

 
 Franchissement de la vallée du ciron classée Natura 2000 : Petit Viaduc et grand remblai en lit majeur....


 Autoroute écolo franchissant une vallée classée Natura 2000

 


 

 Autres images d'un chantier exemplaire " à la pointe du développement durable "


Base d'un pilier de viaduc (excès de ciment ?)


 Viaduc amputé de la base de son pilier fissuré... avant rafistolage.

 

En août 2008 des orages ont entraîné des boues du chantier chargées de chaux dans le ruisseau le Rumayou. Il n'est pas certain que les branchies des écrevisses aient davantage apprécié que les galets. Hélas aucune n'a souhaité témoigner...


Le lit du Rumayou en septembre 2008.

 
Mais depuis, ce regrettable incident, on a généralisé le filtre à particules...


 Filtrage fin type A65.  On remarquera que toutes les particules de la taille d'une bouteille sont retenues.


 Autre filtre à particules à partir de matériaux bio. (piquets bois et paille)

Si après avoir vu ces images il y en a encore qui contestent à l'A65 son statut d'autoroute écolo, c'est à désespérer...

Solution de la devinette :

La bonne réponse était D

Pour gaspiller autant d'eau en se brossant les dents qu'on en gaspille en pompant pendant 3 mois à 150m3/h sur un tronçon d'autoroute, il faudrait laisser couler le robinet 5 minutes par jour pendant :

-  90.246 ans 6 mois et 27 jours. Vous avez bien lu ! Plus de quatre vingt dix mille ans.

En effet 1 litre en 30 secondes équivaut à 2 litres/minute soit 10 litres pendant les 5 minutes quotidiennes.
A ce rythme, il faut 100 jours pour gaspiller 1m3 (1.000 litres)

1 heure de pompage à 150 m3/h équivaut déjà à 150 fois 100 jours, soit 15.000 jours de brossage de dents en laissant couler le robinet. Cela fait 41 ans 1 mois et 4 jours ; rien que pour 1 heure de pompage sur le chantier...

Or pendant 3 mois de pompage 329.400 m3 sont sortis des nappes. C'est le débit horaire multiplié par 24 heures et par trois mois de 30 jours ½ (en moyenne).

A 100 jours de brossage de dents par mètre cube, cela fait 32.940.000 jours de brossage de dents, soit plus de 90.246 ans (même s'il y très peu de trafic, on aura refait plusieurs fois le revêtement...)

Et quand bien même le débit aurait été 5 fois moindre, par exemple 30 m3/h (pris au hasard), ça ferait encore plus de 18.000 ans de brossage de dents sans avoir tenu compte des recommandations du "développement durable".... L'autoroute serait amortie depuis longtemps...

Mais bien entendu, tout cela reste fictif.

D'abord une "autoroute super écolo" ça n'existe que dans les rêves, et ensuite, sur celle qui prétend l'être, on sait juste qu'il y avait plusieurs grosses pompes en action (150m3/h et 360m3/h), mais que bien sûr, les débits réels étaient bien inférieurs aux débits nominaux des pompes.
Par contre, on sait aussi que les pompes et les gros groupes électrogènes qui les alimentaient sont restés en fonctionnement pendant très longtemps, parfois jour et nuit pendant des jours et des jours. Au final, personne ne saura combien d'eau a été pompée.

Alors continuez à économiser l'eau en vous brossant les dents, mais en gardant un regard critique sur le monde qui vous entoure....

- Les petites économies individuelles, c'est bien - éviter les gros gaspillages c'est encore mieux....

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Autoroute  A65 Langon Lescar, un projet inutile, dévastateur et cher :

A65, les doutes de la CCI

Si la presse régionale s’est largement faite l’écho de la conférence du 27 février 2009 au cours de laquelle la CCI de Pau a présenté aux forces économiques locales un rapport censé démontrer que le Béarn, voire l’Aquitaine toute entière, allaient se retrouver (enfin) riches grâce au développement économique impulsé par l’A65, elle a curieusement omis de parler d’un autre rapport commandé lui aussi par la CCI et qui, à l’heure où étaient rédigées ces lignes, était encore disponible à l’adresse suivante :(*)

http://www.aquieco.com/images/upload/etudes/impact_eco_a65_en_bearn_2008.pdf

Ce rapport tente bien sûr de mettre en évidence les avantages attendus de l’autoroute, mais aussi -et plus curieusement pour une étude financée par la CCI de Pau- il met en relief des incertitudes qui lui restent liées.

On peut notamment lire dans ce rapport intitulé " Impact socioéconomique de la future A65 en Béarn " la phrase suivante tirée de sa conclusion (à la page 58) :

« [...] la création d’une autoroute n’est plus un atout spécifique : la plupart des territoires sont desservis, le transport routier n’est plus considéré comme un moyen de communication d’avenir et les coûts des transports par voies autoroutières sont dissuasifs (carburant et péage). On peut ainsi se demander si cette autoroute n’arrive pas « trop tard » pour provoquer un réel impact. A contrario, la réalisation trop précoce d’une liaison rapide entre Pau et Bordeaux aurait certainement freiné le développement d’activités et de services spécifiques en Béarn, le manque d’une liaison Nord Sud efficace dans la région et son manque de cohésion ayant permis jusque là l’émergence de pôles relativement autonomes contrairement à d’autres région. »

Etonnant non ?

On comprend que certains aient besoin de se rassurer au point de confier à d’anciens préfets la rédaction de rapports démontrant que la richesse arrivera par la route.

Et ce n'est qu'un début...

* Bien entendu, quelques jours plus tard, le document n'était plus accessible sur le site. On s'en serait douté.

 

Sans commentaires...

« Le trafic de la RN 524, extrêmement faible et ne comportant que très peu de poids lourds, ne représente pas un enjeu de sécurité routière pour la traversée de Captieux. »

 

(Dossier des engagements de l'Etat page 14, en ligne sur le site de l'A65)

Le dossier synthétique de l'ARLP et de la SEPANSO (pdf, 1,3 Mo)

Un pari « perdant – perdant »

  • Si le trafic double, les émissions de gaz à effet de serre doubleront...

  • Si le trafic ne double pas, le contribuable devra payer après coup, jusqu'à 1 milliard d'euros...

et en prime, dans tous les cas, la nature perdra : des espèces, des habitats, de l'espace, du calme, de la qualité....


 

Communiqué de presse inter-associatif du 15 octobre 2008
 


UNE ANALYSE FINANCIÈRE CACHÉE
(synthèse du dossier de presse distribué lors de la conférence de presse du 9 octobre 2008)

L'équation financière de l'A65 a considérablement changé entre l'évaluation préalable menée par l'État et le contrat signé.

Si le coût de réalisation de l'A65 est resté pratiquement identique entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros(1), son équilibre financier a lui été bouleversé :

  • Au moment de l'évaluation préalable, compte tenu des perspectives de trafic, l'État prévoyait une subvention publique de 500 M€,

  • Dans le contrat signé, aucune subvention n'est prévue. Ce sont donc les seules recettes du péage qui devront financer l'A 65(2). Ceci suppose pratiquement un doublement des recettes et du trafic qui en est la source.

Comment ce doublement des recettes est-il possible ?

C'est une question qu'on est en droit de se poser, mais à laquelle on ne peut toujours pas répondre, faute de pouvoir accéder aux éléments d'analyse financière du projet, maintenus cachés.

  1. La lecture du site internet consacré à l'A 65 nous apprend que l'État est tenu de réaliser des évaluations socio-économique et financière. Cette obligation est traduite dans 2 textes :

  • La circulaire du 20 octobre 1998,

  • L'instruction-cadre du 25 mars 2004.

Les extraits joints(3) montrent très clairement que les 2 analyses sont distinctes et doivent aboutir à des calculs économiques et financiers particulièrement normés.

  1. De plus, dans le cadre du contentieux engagé par nos associations, devant le juge administratif, le Conseil Régional d'Aquitaine utilise, à plusieurs reprises, des données extraites de l'analyse financière, imposée par les textes. C'est la preuve de l'existence de cette analyse financière. Le Conseil Régional est même allé jusqu'à produire des graphiques provenant de cette analyse.

  2. Son président Alain ROUSSET, après de longs considérants, écrit : « Les informations dont les requérants demandent la communication ont fait l'objet d’une large diffusion. Les dîtes informations sont accessibles sur le site internet dédié au projet de l'autoroute A 65 » et de citer l'adresse internet du site.

Cette affirmation est doublement inexacte :

  • Si des éléments d'une analyse socio-économique figurent sur le site, ils portent sur l'avant-projet et non pas sur les données du contrat tel que signé entre l'État et la société A'Iienor.

  • Surtout, aucune évaluation financière du projet, au sens des textes rappelés ne figure sur le site.
    Les associations ont fait appel au Centre d’Expertises des Logiciels (CELOG www.celog.fr) qui après des recherches poussées conclut qu’aucun des termes « analyse financière », « analyse de la rentabilité financière », « taux de rendement interne », « valeur actuelle nette », ne figure dans un document du site internet dédié au projet de l’autoroute A65.

Il appartient au juge administratif, en vertu des règles relatives au procès équitable et du principe du contradictoire, de faire en sorte que les parties disposent des mêmes informations.

C'est pourquoi les associations ont demandé, au juge du référé, qu'il ordonne la communication de l'analyse financière dont se sert la Région sans la communiquer.

Dans son arrêt en date du 30 septembre, ce juge n'a pas donné immédiatement satisfaction aux requérants, mais c'est uniquement parce qu'il estimait "que les conclusions à fin d'injonction présentées par les requérants ne sont pas au nombre des mesures que le juge des référés peut ordonner en faisant application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative,[...]" et qu'ordonner la communication des pièces demandées à ce stade de la procédure ne pourrait rien apporter de plus qu'au moment de l'instruction sur le fond.  : " qu'au surplus, aucune circonstance particulière ne conférerait à la mesure sollicitée un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge de l'excès de pouvoir, saisi de la requête susvisée no 0605384, peut ordonner, [...]".

Forts de cette avancée déjà considérable, nous attendons sereinement le jugement sur le fond, persuadés que le juge administratif ne pourra pas tolérer encore longtemps la dissimulation de pièces essentielles à la compréhension du dossier.

CONCLUSION :

En tout état de cause, preuve est faite :

  1. Que l'analyse financière obligatoire existe bien, puisque le Conseil Régional en produit des extraits dans son mémoire.

  2. Que contrairement aux écrits de M. le Président du Conseil Régional, elle ne figure pas sur le site dédié à I'A65,

  3. Que malgré la reconnaissance du caractère public de cette analyse financière, elle reste cachée par les pouvoirs publics,

  4. Que les élus locaux, ceux du Conseil régional, comme ceux des conseils généraux ont accordé la garantie des contribuables aquitains sans disposer de l'évaluation financière et de l'impact sur les finances publiques du contrat signé.


 

Notes :

1- Mais d'’après le Canard Enchainé du 8 octobre 2008, journal habituellement bien informé, un avenant de 300 millions d’euros serait en cours de négociation, ce qui tendrait à indiquer que le coût serait désormais proche de 1,5 milliard d’euros.

2- Il n’y a pas de subvention, mais en revanche, une garantie donnée pour 50% par l'État, pour 25% par la région Aquitaine et pour 25% par les départements de la Gironde (10%), des Landes (5%) et des Pyrénées Atlantiques (10%).


 

3- Extrait de l'annexe 16 de la circulaire du 20 octobre 1998 :

 

RENTABILITÉ FINANCIÈRE DES OPÉRATIONS A PÉAGE

 

1. Définitions et rôles respectifs des évaluations économique et financière

L'évaluation économique retient principalement des éléments non marchands (temps, confort, sécurité, nuisances) tandis que l’évaluation financière ne fait intervenir que les flux financiers en termes de recettes et de dépenses.

L’évaluation économique éclaire l'intérêt de l'ouvrage pour la collectivité tandis que l'évaluation financière traduit son intérêt tant pour le concédant que pour le concessionnaire en permettant d'apprécier les conditions de sa faisabilité financière

L'évaluation économique est effectuée en francs constants alors que l'évaluation financière est effectuée en francs courants

L'actualisation est effectuée avec le taux du Commissariat général du plan dans l'évaluation économique tandis qu'elle est effectuée avec un taux d'intérêt pertinent pour ce type de projet, par exemple celui des emprunts à long terme, dans l'évaluation financière.

 

F.N.E. nous soutient : Lors de son assemblée générale du 29 mars 2008 France Nature Environnement (FNE) a adopté à l'unanimité la motion suivante :

     Motion sur le projet d'autoroute A65 - Langon-Pau

  • Considérant que le projet d'autoroute A65 Langon-Pau, au coeur des landes de Gascogne, n'a donné lieu à aucun débat public malgré ses 150 Km et son coût dépassant 1 milliard d'euros,

  • Considérant que ce projet se situe dans un vaste espace non encore fragmenté, unique en Europe,

  • Considérant la qualité exceptionnelle de la biodiversité présente sur ce tracé qui impacte 8 zones Natura 2000,

  • Considérant que l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique s'est faite en l'absence de bilan carbone et sur la base d'une étude d'impact présentant de très graves lacunes, notamment en matière de connaissances du milieu naturel, ainsi que d'évaluation des conséquences du projet sur ce milieu et les espèces prestigieuses qui le caractérisent,

  • Considérant que la rentabilité de cette infrastructure se base sur l'hypothèse d'une très forte augmentation du trafic (x 2 en 2020 et x 4 en 2060) sans prendre en compte la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre,

F.N.E. réunie en assemblée générale, le 29 mars 2008, à Strasbourg demande à Monsieur le Ministre d'État, Ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire, le gel immédiat des travaux projetés sur ce chantier et une réévaluation objective de l'ensemble du projet prenant en compte les conclusions du Grenelle de l'environnement en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de sauvegarde de la biodiversité.

Les grosses associations nationales nous soutiennent :
Communiqué inter associatif.

Arnaque au péage

Alors que la Cour des Comptes vient d’épingler les concessionnaires autoroutiers, les tarifs du péage du projet d’autoroute A65 Langon/Pau apparaissent comme une véritable arnaque.

Avec un tarif kilométrique de 10,85 centimes(1), pour un véhicule léger, cette autoroute serait la plus chère d’Aquitaine(2).
Ces tarifs sont 30 % plus élevés que ceux annoncés lors de l’enquête publique de 2006, et plus de 50% supérieurs à ceux envisagés lors des réunions de concertation de 2005.

Les automobilistes devraient payer près de 40 euros(3) pour un aller retour Bordeaux/Pau de 200 km, soit le double du tarif entre Pau et Toulouse, pour une distance équivalente.

Salariés ou étudiant continueront donc d’utiliser la route existante et gratuite.

Cela veut dire aussi que la sécurité routière sur l’axe Bordeaux/Pau, ne serait réservée qu’aux riches.

Selon Bernadette Durac de l’ARLP, « l’arnaque sur les tarifs de péage, constitue une raison supplémentaire pour remettre en cause le projet d’autoroute A65 Langon/Pau. »


Ci-dessus extrait de la page 3 de l'annexe 22 au contrat de concession


1 - Tarif kilométrique pour un véhicule léger, tel que défini dans le contrat de concession, valeur novembre 2005. Soit 11,51 centimes d’euros valeur 2008.

2 - Autoroutes de la plus chère à la moins chère. Sud-Ouest Dimanche. 17/02/08

3 - Le diffuseur d'Auros étant situé 6 km plus loin sur l'A62 que l'actuelle sortie de Langon, il convient de prendre en compte le prix de ce trajet supplémentaire dans le trajet Bordeaux Pau. Cet allongement du parcours conduirait à un trajet payant sur l'A62 passant de 2 € pour 25 km payants jusqu'à Langon à 2,48 € pour 31 km payants jusqu'à Auros (tarif 2008). De plus, en appliquant aux tarifs 2005 de l'A65 le même taux d'augmentation constaté sur l'A62 entre 2005 et 2008, on obtiendrait pour l'A65, un prix passant de 16,30 € TTC tarif 2005 à 17,15 € TTC tarif 2008.
En y ajoutant les 2,48 € de l'A62 jusqu'à Auros, le tarif 2008 d'un trajet Bordeaux Pau s'élèverait donc à 19,63 € ce qui rend tout à fait réalistes nos prévisions de 40 € aller-retour au moment de l'ouverture de l'ouvrage au trafic...

Télécharger l'annexe 22 du contrat de concession relative aux tarifs de péages  (document accessible au public, disponible à la Direction des Routes. Attention les tarifs indiqués sur le document sont des tarifs Hors Taxes valeur novembre 2005 auxquels il convient d'ajouter la TVA et les augmentations des coûts de péages postérieures à 2005 ) 

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Ci-dessous tarifs de référence TTC de la classe 1, calculés à partir des tarifs HT, valeur novembre 2005
Langon (A 62)

1,16

 Bazas (RD 3)

3,24

2,08

 Captieux (RD 124)

6,49

5,33

3,24

 Roquefort (RD 9)

7,73

6,57

4,49

1,24

 Mont-de-Marsan (RD 933)

10,80

9,64

7,56

4,31

3,07

 Aire-sur-l'Adour nord (RN 124)

11,48

10,32

8,23

4,99

3,74

0,00

 Aire-sur-l'Adour sud (RN 134)

12,65

11,49

9,40

6,16

4,92

1,84

   Garlin (RN 134) 

14,12

12,96

10,88

7,63

6,40

3,32

 

1,47

 Thèze (RN 134)

16,30

15,14

13,05

9,81

8,56

5,49

 

3,65

2,18  Pau (A 64)

 

Autoroutes et croissance économique.

Un des prétextes souvent invoqués pour justifier la construction en France de toujours plus d’autoroutes est le développement économique qui en découlerait…

Mais….

Si le développement économique était vraiment lié au taux d’équipements autoroutiers, la France, avec ses 200 kilomètres d’autoroutes par million d’habitants, contre 152 de moyenne européenne, devrait bénéficier depuis des années d’un taux de croissance supérieur lui aussi à la moyenne européenne.

Or...... du point de vue de la croissance économique, la France se trouve désespérément en queue de peloton parmi les pays d’Europe.

Cela signifie que quand un certain seuil d’équipements est atteint, au lieu d’être stérilisés dans des projets qui ne profitent plus qu’au secteur des BTP, les investissements seraient bien mieux employés ailleurs…

Quand comprendra-t-on enfin que loin de nous enrichir, la construction d’autoroutes inutiles contribue à nous handicaper ?

Premier aveu :

"Si A'liénor fait faillite, il est vrai que A'liénor aura construit l'autoroute, donc il y aura un actif, un actif qui a une valeur. Donc l'État et les Collectivités locales devront racheter, en fait, cet actif ."
(Sic.
Entendu en réunion publique à Gaillères le 8 janvier 2008 de la part d'un responsable du projet, et diffusé sur le journal télévisé de France 3 Aquitaine "12-13 le midi pile" le 9 janvier 2008)

Ainsi, quand l'inévitable faillite surviendra faute de trafic suffisant, comme prévu par la clause de déchéance du contrat de concession, le contribuable sera tenu de racheter un équipement dont il n'avait pas besoin et qu'on lui avait présenté comme gratuit car entièrement payé par les péages des usagers... Si la faillite survient rapidement, le prix à payer par les collectivités pourrait s'élever à 1 milliard d'euros...

Voilà qui va sans aucun doute aider la France...

La Sécurité : Dernier alibi pour justifier l’injustifiable

Depuis le Grenelle de l’environnement, la vitesse n’est plus une justification suffisante pour maintenir un projet d’autoroute. Ne restent donc en lice comme prétextes valides, que la congestion du trafic, la sécurité, ainsi qu’une vague notion d’intérêt local.

Qu’à cela ne tienne, tous les promoteurs de l’A65 ont aussitôt adapté leurs discours. On ne parlera donc plus de « confort de conduite », ni de  « temps gagné pour livrer le maïs au port de Bordeaux ».

Comme on ne peut toujours pas invoquer la « congestion du trafic » sans déclencher l’hilarité, tous les inconditionnels du bitume et du bulldozer réclament aujourd’hui, la main sur le cœur, la poursuite du projet A65 au nom de la sécurité.

Tant d’altruisme est vraiment touchant, et pour atteindre un tel objectif, nous aussi, serions presque prêts à pardonner le désastre environnemental que provoquerait cette autoroute (fortes émissions de CO2 et atteintes graves à la biodiversité)...

Mais il y a un petit souci :

Il serait vraiment injuste de réserver une sécurité si chèrement acquise, aux quelques privilégiés qui pourraient emprunter l’autoroute
et en acquitter les presque 40 euros de péage par aller retour Bordeaux Pau, en plus des frais de carburant.

La sécurité, d’accord, mais mieux que ça, les associations demandent la sécurité pour tous les usagers de l’axe Langon Pau.

Et pour cela, l’autoroute concédée, chère et dotée de trop peu d’échangeurs, est le pire des choix.

Pour la sécurité de tous, il n’existe qu’une seule solution juste : l’amélioration de l’itinéraire existant.

Cette solution présente en plus l’avantage d’être à la fois beaucoup moins chère et beaucoup moins dommageable à l’environnement et à la biodiversité qu’une autoroute en tracé neuf, dont le tracé ne permettrait même pas de capter la circulation la plus dense à l’approche de Langon ou de Pau.

Pour admettre cette évidence, encore faut-il accepter de rompre avec l’idéologie autoroutière toujours en vogue. Rompre avec ses croyances, c'est bien là le plus difficile.


Ci-dessous extrait de la carte de la DDE. Les étoiles rouges y représentent les accidents mortels. Le tracé de l'A65 a été ajouté en bleu. Les riverains dans leurs déplacements domicile travail n'emprunteront pas une autoroute payante qui rallonge leur parcours. Ils continueront à emprunter la route non sécurisée.

La carte des accidents mortels pour la période 2001-2005 établie par la DDE des Pyrénées Atlantiques est très parlante. Elle montre que sur la partie de la route actuelle Langon Pau, les accidents ont eu lieu sur le secteur proche de Pau dont la circulation ne serait pas captée par la future A65.

A noter que la route longeant l'A64 reste particulièrement meurtrière. L'autoroute ne sauve que ceux qui peuvent l'emprunter.

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Questions sans réponses

Une erreur d’estimation de 500.000.000 € sur un milliard (soit 50%), ce n’est quand même pas rien, ni à la portée de n’importe qui...

La première question qui en découle est cruelle :

     La Direction Régionale de l’Équipement Aquitaine (DRE) est-elle vraiment compétente ?

Car comment expliquer que cette administration, après des mois, voire des années de réflexion et d’études, ait estimé nécessaire une subvention d’équilibre de 500 millions d’euros pour compenser la faible rentabilité de l’autoroute Langon Pau, puis qu’aussitôt après avoir été choisi, mais avant la signature de la DUP, le concessionnaire de ladite autoroute ait pu annoncer que ce projet serait rentable, au point de pouvoir se passer de tout concours public et que la DRE Aquitaine, totalement désavouée dans ses chiffres, n'y ait rien trouvé à redire ?

     Tout cela est-il bien sérieux ?

Une autre question nous vient aussitôt à l’esprit :

     Quand cessera-t-on enfin de nous prendre pour des imbéciles ?

(Nous ne manquerons pas de mettre en ligne les réponses que nous fournirait l'administration...)

 

Autoroute A65 Langon Pau


L'A65, véritable projet d'inutilité publique... c'est surtout :

  • plus de 950.000 tonnes de CO2 largués dans l'atmosphère à la construction (NDLR. par les temps qui courent, il fallait oser...)
  • 150 km de bitume et de béton vomis dans la nature.
  • 4 millions de tonnes de granulats utilisés,
  • le creusement de nouvelles gravières.
  • 2000 hectares de milieux naturels confisqués et perdus.
  • une barrière infranchissable pour la faune terrestre.
  • la fragmentation et le cloisonnement des derniers grands espaces libres à l'est des Landes de Gascogne.
  • des atteintes graves à des espèces protégées (écrevisse à pattes blanches, fadet des laîches, vison d'Europe, etc. ) et à leurs habitats.
  • 1,2 milliard d'euros gaspillés, plus les à côtés (soit le prix de 10 lycées ou 20 fois le budget 2005 de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie ADEME, ou encore le prix de 600 éoliennes de 1 mégawatt...)
  • des riverains spoliés ou mal indemnisés.
  • la création d'un corridor de transport justifiant d'autres infrastructures tout aussi dévastatrices (LGV Bordeaux Pays-Basque, faisant un détour inutile par l'est).
  • un tarif de péage s'élevant à 16,28 € pour les automobiles entre Langon et Pau, soit plus de 18 € entre Bordeaux et Pau.
  • etc.

Bref, ...que du bon développement durable, comme certains l'aiment tant !

 

Tout cela sous quels prétextes ?

Si l'on en croit la direction régionale de l'équipement :

"...Les exportations de céréales, notamment via le port de Bordeaux, en seront facilitées, les activités agro-alimentaires comme le canard gras et les produits frais bénéficieront d'un accès plus rapide vers leurs marchés.
Les bénéfices sont encore plus évidents pour les activités touristiques. Les stations de sports d'hiver, les centres de tourisme vert et les stations thermales en bénéficieront.
L'accès plus rapide et plus serein aux stations de ski pyrénéennes permettra non seulement de conforter la clientèle bordelaise mais d'attirer aussi les skieurs de Poitou-Charentes, du Limousin, du Centre et des Pays de Loire."

( NDLR. non ce n'est pas un canular, tout ça est bien tiré du site de la DRE ! )

  • Comme si le fait d'avoir roulé à 90km/h en camion sur une autoroute au lieu de 80 km/h sur la route actuelle (paradoxalement plus droite et plus courte), allait donner une plus-value au maïs ou au canard gras... C'est grotesque !

  • Et comme si faire gagner quelques minutes de trajet aux bordelais qui vont au ski pour les vacances de février (parfois de Noël et de Paques) allait améliorer significativement le chiffre d'affaire des stations pyrénéennes et y ramener la neige et la prospérité... C'est tout simplement ridicule !

    Et où ira-t-on skier quand le réchauffement climatique s'amplifiera ? On aimerait avoir l'avis des ingénieurs des ponts et de certains élus sur ce point...

    Dérisoire !

Paysages voués à disparaître (cliquez sur les miniatures)

   Diaporama complet du site des 9 fontaines à Bostens.

 

Ci-dessus, un secteur déjà à 2 x 2 voies de la route existante à 3 km au sud de Langon, mais promis, juré, l'aménagement sur place est impossible. Il faut ouvrir une autoroute en site propre... Étonnant, non ?

   

Autre portion de la RD 932, à 3 voies, dans les Landes, au Nord de Roquefort. Cette photo a été prise le matin du samedi 21 juillet 2007, journée classée rouge, de chassé-croisé estival.... Amusant non ?

 

Des Écrevisses à pattes blanches, à Bostens

Devenue très rare, l'Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est l'espèce indigène de nos cours d'eau. Elle ne doit surtout pas être confondue avec l'Écrevisse de Louisiane Procambarus clarkii, espèce invasive introduite d'Amérique du Nord.

Notre écrevisse indigène à pattes blanches est une petite écrevisse de 5 à 12 cm de long à maturité et de couleur brun-vert ponctué de gris. Elle se distingue aisément de l'Écrevisse à pattes rouges (autre espèce autochtone) par sa taille, légèrement plus petite mais aussi par son rostre triangulaire et à sa face inférieure blanche. Ces écrevisses se nourrissent de petits invertébrés, de larves aquatiques, de petits poissons morts ou de débris de végétaux terrestres ou aquatiques. Le cannibalisme des adultes sur les jeunes maintient le niveau des populations.

Cette espèce est un indicateur biologique de pollution car elle a en effet besoin d'eau pure et oxygénée. Sa conservation favorise donc la protection des milieux aquatiques et de la ressource en eau.

Autrefois très répandue dans nos ruisseaux, elle est aujourd'hui malheureusement en voie de disparition car, bien que protégée depuis 1983, ses populations sont en très forte régression et isolées du fait de la pression anthropique (recalibrage des cours d'eau, pollutions d'origine agricole, braconnage, pêche intensive, introduction -accidentelle ou non- d'espèces exotiques telles que l'Écrevisse de Louisiane porteuse de maladies, etc.).


Photo Christophe Coïc - Cistude Nature
Les mesures de protection* (pêche réglementée, interdiction d'introduction d'espèces exotiques...) ne sont malheureusement pas toujours respectées.

Dans le département des Landes, une population d'Écrevisses à pattes blanches a été remarquée, en août 2006, sur le site des Neuf-Fontaines situé sur la commune de Bostens, dans le cadre d'une étude environnementale menée en Aquitaine. Ce site doit son nom à la présence de sources d'affleurements de la nappe phréatique qui alimentent d'une eau fraîche (12 °C) et de bonne qualité trois étangs formant une chaîne dans un milieu riche et préservé. La biodiversité et la présence d'espèces rares dans l'écosystème sont étroitement liées à la bonne qualité de l'eau. Le site, situé à l'intérieur d'un milieu forestier, est préservé de l'impact humain agricole.

Or cette zone naturelle très riche, propriété de la commune, est menacée par la construction de l'autoroute A65 (Langon- Pau). Curieusement, l'étude d'impact préalable aux travaux n'avait pas révélé la présence de cette espèce qui est pourtant protégée ainsi que ses milieux de vie depuis l'arrêté de 1983.

Or, au regard de la loi, cette zone naturelle, habitat de l'Écrevisse à pattes blanches, ne doit être ni altérée ni dégradée sciemment.

Des mesures de protection de cette population d'écrevisses et de son milieu de vie doivent donc être prises de façon urgente.


*Arrêté ministériel du 21 juillet 1983 relatif à la protection des écrevisses autochtones (JO 19/08/83) modifié par l'arrêté du 18 janvier 2000 (JO 28/01/00).

Un peu de poésie dans ce triste dossier.....

L'écrevisse au tribunal.  (avec l'aimable autorisation de son auteur)

Le président du tribunal : "Nom: Écrevisse, Prénom: Blanche-Patte, vous êtes ici pour répondre des chefs d'accusation suivants... Levez-vous : obstruction à travaux de bétonnage, pénétration par effraction sur un chantier, entrave au développement économique. Reconnaissez-vous les faits ?"

L'Écrevisse : "Monsieur le juge, j'essaie juste de nourrir ma famille et de profiter des quelques ruisseaux à l'eau merveilleusement claire que je trouve encore dans la région..."

Le président: "De l'eau claire ! Voyez-vous ça: madame veut de l'eau claire ! Mais n'êtes-vous pas au courant que nos usines de traitement de l'eau peuvent fournir de l'eau claire à volonté et à partir de n'importe quel cloaque ? Nul ne vous oblige à rester ici pour trouver de l'eau claire !"

L'Écrevisse: "Mais, monsieur le juge, j'ai toujours vécu ici, et mes ancêtres habitaient ici aussi, et leurs ancêtres aussi..."

Le président: "Mensonges ! Avant 2006 on ne vous avait pas découvert dans le coin, preuve que vous n'existiez pas ! Vous êtes arrivés clandestinement dans la région dieu sait comment, dans le seul but de perturber les travaux! Sans doute grâce à l'aide de terroristes écolos qui vous ont larguées par hélicoptère..."

L'Écrevisse: "..."

Le président : "J'en viens d'ailleurs au chef d'accusation le plus grave: entrave au développement économique. A cause de votre attitude non coopérative, vous avez empêché l'installation de 50 entreprises sur Pau, représentant 5000 emplois, et plongeant dans la misère noire 50000 béarnais. C'est BAP qui nous a fourni les chiffres, ils sont donc exacts."

L'Écrevisse : "Je ne sais que dire, monsieur le juge..."

Le Président : "Ah ah, vous ne savez que dire, je le savais ! Vous reconnaissez ainsi vos torts, en étant incapable d'apporter des éléments contradictoires !"

L'Écrevisse : "Mais, nos amis de la Sepanso ont montré que l'aménagement de la route actuelle suffirait à..."

Le président : "Il suffit ! Vous offensez le tribunal ! Ce ne sont tout de même pas quelques hurluberlus peints en vert et le poireau entre les dents qui vont nous donner des leçons de développement économique !"

Le président encore : "Et ce n'est pas tout: suivant des témoins bien informés, il paraîtrait que vous vous réjouissez chaque fois qu'un automobiliste empruntant la route actuelle verse dans le fossé. Et pire, on vous aurait vu en boulotter certains qui auraient croupis trop longtemps dans les ruisseaux des bas-côté en attendant les secours ! Ces forfaits expliquent le mobile réel de votre opposition à l'autoroute: elle vous priverait de cette chair humaine dont vous vous repaissez !"

L'Écrevisse : "Ah ça monsieur le juge, j'avoue que..."

Le président : "Greffier, notez bien: elle avoue."

L'Écrevisse : "...j'avoue donc que nous autres les écrevisses sommes des fines gueules. Mais vous faites erreur: dans notre tribu des pattes blanches, nous sommes plutôt végétariennes et n'apprécions rien qu'une bonne pousse de laitue lavée à l'eau claire. Vous devez confondre avec notre lointain cousin le homard..."

Le président : "A d'autres ! Qui croyez-vous tromper ainsi ? Il suffit de regarder ces pinces terrifiantes et ces mandibules hideuses pour comprendre que vous êtes de vrais fauves ! Quand je pense qu'il y a des promeneurs insouciants qui côtoient sans le savoir des prédateurs comme vous... Que se passerait-il en cas de rencontre avec un enfant ? Ça me fait froid dans le dos !"

L'Écrevisse : "Le dernier enfant que j'ai vu a ramassé mes deux frères pour les passer à la poêle"

Le président : "Il a été très courageux, c'est évident. Bon, mais passons au verdict. Vous savez sans doute que dans notre pays, la peine de mort a été supprimée, même pour les monstres comme vous. C'est regrettable, mais c'est ainsi. Aussi, je vous condamne ainsi que votre tribu à la déportation à perpétuité dans un aquarium, aquarium qu'A'liénor placera sur l'aire d'autoroute de son choix pour distraire les touristes. Gardes, emmenez le condamné !"

Le Dodo Oublié

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Enquête publique.

La Fédération SEPANSO a remis ses observations aux Commissaires Enquêteurs à l'occasion de la permanence en mairie de Bazas le 15 mai 2006 après midi.

Téléchargez les observations formulées par la SEPANSO
(mai 2006 -215 ko)

L'association Alternative Régionale Langon Pau, qui regroupe des citoyens, des associations, des syndicats et des partis politiques opposés au projet d'A65 a de son côté, remis aux commissaires enquêteurs un remarquable document fournissant les motivations détaillées et documentées de cette opposition.

Téléchargez les observations de l'ARLP
(620 ko)

Mais malgré cela, la Commission d'enquête très disciplinée, a rendu comme prévu et dans les délais impartis, un avis favorable balayant toutes les objections des associations, sans l'ombre d'une hésitation...

DUP...

Et après seulement quelques mois de gestation, par décret du 18 décembre 2006, les travaux de réalisation de ce monstrueux projet, destructeur, inutile et cher étaient déclarés d'utilité publique en même temps qu'était publié le même jour, un autre décret approuvant la convention de concession.

La première analyse qu'on peut en faire est que si  par un hasard extraordinaire le trafic entre Langon et Pau était amené à doubler sur l'autoroute à péage, par rapport à ce qu'il est aujourd'hui sur la route gratuite, (doublement qui on le comprendra aisément, est fort peu probable compte tenu des prévisions de trafic et qui en plus n'est pas souhaitable du point de vue de la lutte contre le changement climatique) l'ouvrage deviendrait alors bénéficiaire et ne coûterait rien au contribuable car il serait payé par les usagers.

Mais dans le cas contraire, beaucoup plus probable bien sûr, d'infrastructure non rentable, une déchéance du concessionnaire sera prononcée et, dans ce cas, l'État récupérera à la fois l'infrastructure déficitaire et les dettes... Le contribuable sera sollicité pour rembourser au concessionnaire déchu les frais de construction engagés.

Ainsi, l'autoroute présentée comme entièrement financée sur fonds privés pour paraître acceptable, coûtera finalement beaucoup plus cher au contribuable que n'aurait coûté l'aménagement sur place de la route existante, largement suffisant, vu le trafic sur cet axe.

Puis recours contre la DUP et contre les délibérations des CG et du CR.

Constatant des carences très graves dans l'étude d'impact (impasse totale sur la présence de certaines espèces protégées à haute valeur patrimoniale sur le fuseau étudié, absence de bilan carbone), un manque d'impartialité manifeste de certains membres de la Commission d'enquête (deux d'entre eux étaient très liés à des structures qui font un lobbying actif en faveur du projet) et craignant que le contribuable ne doive payer à terme pour compenser le manque de rentabilité de l'ouvrage (les conseillers généraux et régionaux ont voté des délibération sans être en possession de tous les éléments pouvant les éclairer sur les risques pris par leurs collectivités), un groupe de particuliers, et d'associations, soutenu par des élus(1), a déposé des recours administratifs, tant au niveau du Conseil d'État (contre la DUP) que des tribunaux administratifs (contre les délibérations des conseils généraux des Landes, et de Gironde et contre une délibération du Conseil Régional). 

à suivre...

(1) Les élus qui ont déposé des recours à nos côtés sont :

  • M. Jean-Jacques PARIS, Vice-Président du Conseil Général de la Gironde en charge des infrastructures.
  • Mme Monique De MARCO, Conseillère Régionale d'Aquitaine.

 

Mobilité ?

Une autoroute ça facilite tellement les transports et ça améliore tellement la mobilité que parfois ce ne sont pas uniquement les marchandises qui voyagent, mais carrément les entreprises qui s’en vont au loin... Sans les salariés toutefois.
Eux, ils restent... sur le carreau.

 

Cliquez sur les liens ci-dessous  :
Liens internes

   Visitez la page de la SEPANSO sur l'A65, écrite au moment de la pseudo concertation

    Communiqué de presse Autoroute A65 Langon Pau (07/04/2006)

    Communiqué de presse Autoroute A65 Langon Pau (15/03/2005)

    Lettre au Préfet d'Aquitaine  (12/04/ 2005)

Sites à visiter

    Alternative Régionale Langon Pau,

    Comité Contre la Frénésie Autoroutière

    Résistez

Personnes sensibles s'abstenir...

   Site officiel de la Direction Régionale de l'Équipement dédié au projet A65 
(présentation du projet avec la vision des services de l'équipement, téléchargement du dossier présenté à l'enquête, etc.)

Autres chantiers destructeurs

La LGV Bordeaux Espagne

Le contournement autoroutier de Bordeaux

La LGV Bordeaux-Toulouse