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Appel pour un moratoire sur les projets autoroutiers

 

Nous, citoyens, associations, syndicats, interpellons les forces politiques et leurs candidats: nous demandons un moratoire sur tous les projets autoroutiers.

Nous lançons un appel en ce sens et souhaitons que soit lancé un débat national sur les transports. Les choix en la matière doivent être cohérents avec le contexte économique, social et écologique du 21ème siècle.

 

Les autoroutes sont des infrastructures d'une autre époque

 

Deux éléments majeurs marquent ce début de siècle: le réchauffement climatique et l'augmentation du prix du pétrole présageant sa fin à l'horizon de quelques décennies. La construction de nouvelles autoroutes est inutile et dangereuse dans ce  nouveau contexte.

Les émissions de gaz à effet de serre des transports routiers sont en constante augmentation. Ils compromettent déjà les engagements de la France à Kyoto, la construction de nouvelles autoroutes ne peut qu'aggraver la situation.

Le développement du transport routier de marchandises s'est fait au bénéfice d'un pétrole abondant et bon marché. Nous sommes à présent entrés dans une ère de pétrole cher sans alternatives énergétiques crédibles. Pour qui, pour quoi, continuer à construire des équipements qui seront surdimensionnés dans quelques années?

 

Les autoroutes stérilisent des ressources publiques

 

Les infrastructures autoroutières utilisent en grande quantité des ressources qui pourraient être mieux utilisées ailleurs. 10 km d'autoroute c'est environ 60 millions d'euros, soit le budget annuel (2004) de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie.

Cet argent serait plus utile dans la recherche sur les économies d'énergies, la réduction des émissions unitaires des véhicules ou le développement de transports alternatifs à la route - tels que les transports en commun, les modes de développement doux (marche, vélo), l'inter modalité pour le transport de personnes et le rail, les voies d'eau et le transport combiné pour les transports de marchandises. C'est dans ces domaines que la France a du retard, pas dans son maillage routier.

 

Les autoroutes favorisent surtout les centres urbains

 

 Il n'y a plus de région enclavée en France et l'argument du développement économique apporté par les infrastructures autoroutières a été démenti par de nombreuses études. Les autoroutes favorisent surtout les grands centres urbains au détriment des territoires traversés.

Elles sont par contre intimement liées à une économie mondiale de plus en ouverte et spécialisée, rythmée par l'exploitation des moindres niches d'économie de coûts de production, l'externalisation d'un nombre croissant d'activités et les impératifs des stratégies de flux tendu.

L'augmentation de ces échanges se fait au détriment des populations qui subissent les nuisances des transports sans en exiger de dédommagements et grâce à un pétrole abondant et bon marché. Mais ceci est maintenant remis en question.

 

Nous voulons d'autres modes de transports qui accompagnent le développement local

 

            Les investissements publics doivent favoriser le développement local, aider à répartir les activités sur tout le territoire, adapter les moyens de transports aux nouvelles réalités de ce début de siècle.

            C'était d'ailleurs ce que souhaitent la majorité des français qui selon un sondage fait pour l'IFEN, "pour l'intérêt de leur région (…) préfèr[ent] des infrastructures locales aux grands équipements régionaux."

 

Les autoroutes étaient le symbole d'une époque qui disparaît, celle de l'énergie bon marché, de l'ignorance des conséquences écologiques de l'activité économique, celle aussi de l'autoritarisme des élus dans la détermination des politiques publiques. Nous sommes en 2006 et plus en 1960, notre époque est celle de la fin du pétrole et du réchauffement climatique. Nous exigeons que nos élus nous écoutent et prennent en compte ces nouvelles dimensions avec lesquelles le développement de nouvelles autoroutes n'est pas compatible.

 

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