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Energie verte... (mis à jour le 20/07/2010)

Petite visite en images de la centrale du Gabardan située à Losse dans le département des Landes, en limite du Gers et du Lot-et-Garonne, dans un secteur qui était resté préservé et sauvage car loin de tout, jusqu'à ce qu'il prenne l'idée à l'Etat d'y financer pour l'avionneur privé Airbus la création d'une route à très grand gabarit permettant le transport par camions des pièces de son avion géant, l'A380, qui est aux avions ordinaires ce que le Titanic a pu être aux pinasses à voile d'Arcachon.


Localisation de l'usine solaire

C'est par le jeu des compensations reçues pour son village, que le maire de cette petite commune rurale a eu un jour la révélation de la modernité et qu'il a décidé d'employer la manne financière tombée du ciel, à la transformation de sa commune en centre industriel dont il n'aurait plus à rougir... Comme quoi on peut être agriculteur et préférer les usines.

C'est ainsi que la forêt de pins qui au XIXème siècle avait succédé aux grandes landes humides des parcours à moutons où prenaient leur source les rivières, est aujourd'hui en passe d'être remplacée sur 320 hectares par une forêt de panneaux photovoltaïques au tellurure de cadmium, trop polluants pour être utilisés en toiture mais considérés par ses fabricants comme sûrs quand ils sont posés en pleine nature, où, comme chacun le sait, il n'y a jamais d'orages de grêle, de tornades, ni de feux de forêt... Comme on le verra ci-dessous, le tout est soigneusement préservé de l'action néfaste des promeneurs et de la faune sauvage par des grillages, et placé sous l'œil vigilant d'une société de gardiennage (au cas où quelqu'un déploierait une ombrelle...)


La forêt d'arbres telle qu'elle était avant le projet (photo prise en bordure de la centrale)


La forêt d'arbres traitée à la mode EDF. (résidus du défrichement d'une prochaine tranche)


La première forêt de panneaux pour énergie verte...


Pas trop d'herbe, ça pourrait faire de l'ombre.


Les plantations au tellurure de cadmium n'aiment pas l'eau... alors EDF draine...


Le fossé pour l'eau, et le grillage pour bien montrer que cette forêt là n'est pas ouverte aux animaux, aux promeneurs, chasseurs et autres cueilleurs de champignons... Ici la nature n'est pas plus libre que le prix de l'électricité subventionnée au détriment des arbres.

Devinette :

Futur aéroport ? autoroute ? LGV ?
Non ! future tranche de la ferme solaire.  Il y a un point commun : La nature recule partout en cette année de la biodiversité !

Et le bilan carbone ?

 

Le bilan carbone ? Parlons-en !

 

Selon une analyse de l’ADEME, les bilans comparés de la forêt et d’une centrale photovoltaïque au sol, en termes d’évitement de CO2 seraient assez comparables :

 

 

 

a) Le défrichement de la forêt, pour y installer une ferme photovoltaïque, aurait les conséquences suivantes:

-       masse de CO2 libérée par le défrichement : 30 tonnes/an/ha (selon l’INRA les sols forestiers contiennent jusqu’à 700 tonnes de CO2 /ha, qu’ils vont relarguer progressivement, après défrichement)

-        masse de CO2  qui aurait été stockée par la forêt : 13 tonnes/an/ha

Soit un impact négatif de 43 tonnes de CO2/an, par hectare de forêt défrichée.

b) Les émissions de CO2  évitées par une centrale photovoltaïque seraient comprises, selon l’ADEME, entre  13 et 61 tonnes de CO2/an/ha.

 

 C'est effectivement assez comparable, à cela près que la forêt fait bien plus que de fixer du CO2. Les arbres ne produisent pas d'électricité mais quand ils fixent le carbone par photosynthèse, ils dégagent de l’oxygène, dont l’humanité consomme quelques 40 milliards de tonnes chaque année.

Contrairement aux panneaux de tellurure de cadmium, les végétaux sont vivants. La forêt est une véritable usine biologique qui outre le bois que nous utilisons pour nos constructions ou pour faire du papier, produit de la vie sous toutes ses formes, y compris utiles à notre propre vie.

 

Ça, une usine photovoltaïque ne saura jamais le faire.

 

La seule énergie propre est celle que l'on ne consomme pas et que l'on n'a donc pas à produire.

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