Catastrophe
nucléaire : refus de l'inéluctable
(par Claude BONNET, Délégué à la CLIN du Blayais, Vice Président de la
SEPANSO Gironde)
Les
dramatiques évènements du Japon rappellent cruellement l'extrême
dangerosité de l'industrie nucléaire. Trois accidents majeurs aux
Etats-unis (Three Miles Island en 1979), en CEI (Tchernobyl en 1986) au
Japon (Fukushima en 2011), dont deux ont fait ou vont faire un nombre
considérable de victimes, sans compter les dégâts sur l'environnement,
en une trentaine d'années démontrent à l'évidence que le risque est
loin d'être nul et qu'il est quasiment impossible de confiner la
radioactivité après l'accident. Pourquoi la France, qui, avec ses 58
réacteurs, possède la plus forte densité de réacteurs par habitant, (1
pour 1,2 million d'habitants devant le Japon et les Etats-Unis)
pourrait elle y échapper ?
Depuis la création de la Commission
Locale d'Information Nucléaire (CLIN) auprès de la centrale du Blayais
à Braud-Saint-Louis, les représentants de la Sepanso n'ont de cesse de
rappeler, qu'avec le stockage des déchets nucléaires, l'accident
représente le danger principal pour la population. Or, depuis la
tempête de 1999 qui avait entraîné l'inondation de la centrale et du
marais avoisinant, si les digues protégeant la centrale ont été
rehaussées, rien n'a été fait pour sécuriser en toutes circonstances
les voies d'accès et permettre l'arrivée rapide des secouristes ou
l'évacuation en urgence de blessés graves, en particulier en cas
d'inondation.
Rappelons que les centrales françaises ont été conçues
pour une durée de vie de 30 ans ; le réacteur N°1 du CNPE du Blayais
aura 30 ans en 2012 et EDF a donc engagé, sous le contrôle de
l'Autorité de Sûreté Nucléaire, la réalisation de la visite décennale
qui permettrait de prolonger cette durée de vie à 40 ans (et sans doute
au-delà ultérieurement). Est-ce bien raisonnable, surtout lorsque l'on
sait que ces travaux seront réalisés, pour des raisons économiques, en
très grande majorité par des entreprises sous-traitantes dont les
personnels, sans remettre en cause leurs compétences, n'auront pas reçu
les mêmes formations sur la sécurité que les permanents d' EDF ?
Il
est évident que cet ensemble de faits, qui n'est pas spécifique à la
centrale du Blayais, devrait entraîner un débat national sur la part
exagérée du nucléaire dans le bilan énergétique français (75% de la
production d'électricité) ; mais le lobby nucléaire s'y
oppose
farouchement et s'efforce en outre, malgré la loi relative à la
Transparence et à la Sécurité en matière Nucléaire du 13 juin 2006, de
minimiser le rôle des Commissions Locales d'Information défini par le
décret du 12 mars 2008 en limitant autant que possible leur
financement. On se rend compte d'ailleurs que ces Commissions sont
totalement ignorées par les médias nationaux.
Pour diminuer, et,
à terme, supprimer le risque d'accident nucléaire, il est grand temps
de promouvoir auprès de la population les économies d'énergie et le
développement rationnel des énergies renouvelables et non de produire
toujours plus comme on continue à le faire ; ce sera en outre le
meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique.
Claude BONNET, 4 avril 2011
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