elle ne tient pas compte de la réévaluation récente de 32% du coût du tronçon Tours-Bordeaux,
elle n'envisage pas plus la réévaluation "de base" fatalement à venir des tronçons vers l'Espagne et vers Toulouse, au moins du même ordre de grandeur,
elle ignore les surcoûts à venir sur les tronçons "sensibles", par exemple l'enfouissement d'une partie de la ligne au Pays Basque,
elle semble tenir pour établi, alors que ce n'est pas le cas, que les nouveaux couloirs seraient à vocation "mixte", ce qui bien que représentant un surcoût pour le contribuable français aurait pour conséquence arithmétique de diminuer la quote-part de la région Aquitaine,
elle ne tient pas plus compte de l'accord de principe auprès du premier ministre du seul président de région, sans expression de l'ensemble du conseil, pour la prise en charge de la part de financement qui ne serait pas actée par certaines collectivités locales d'Aquitaine.
i) En tenant
compte des données précédentes et en ne retenant que les hypothèses
"basses" le coût réel de la participation de la région au projet serait
certainement plus proche de 1200 M€, soit le double de la version
"médiatique", déjà exorbitante. A noter également qu'au montant de ce
"capital", il conviendrait d'ajouter le montant des intérêts
phénoménaux que générerait l'indispensable recours à un emprunt,
quelles qu'en soient la forme et les modalités.
j) Il n'est jamais évoqué les inévitables garanties
financières que ne manqueront pas d'exiger les partenaires privés, qui
apporteraient la moitié du montant global de financement, avant de
s'engager dans un projet dont la rentabilité financière est on ne peut
plus incertaine. Le malheureux précédent du projet autoroutier
Langon-Pau permet de douter que les modalités et montants des clauses
de sauvegarde, ainsi que leur répartition entre organismes publics et
collectivités locales, seront débattus de façon transparente…
k) Il n'est jamais évoqué non plus la façon par laquelle la région compterait tenir de tels engagements financiers. Même si cela peut paraître simpliste, il n'est pourtant que deux options possibles:
un transfert massif vers ce seul projet des moyens alloués aux investissements pour tout ce qui ressort des multiples compétences de la région, et cela pour au minimum les cinq décennies à venir,
une augmentation de la fiscalité locale et en particulier de la taxe foncière perçue par la région afin "d'éponger" cet endettement purement SEA-GPSO. En retenant la version pourtant irréaliste d'un endettement de 600 M€ sur 50 ans, l'augmentation nécessaire de cette taxe serait de l'ordre de 50% …
La position de la
Coordination des Associations Vigilance LGV face à ce constat reste
inchangée : ce projet ne présente aucune pertinence technique, ne
correspond pas à un impératif d'intérêt collectif et serait tout
simplement calamiteux du point de vue financier pour la région
Aquitaine et les différentes collectivités locales. Une alternative
existe, celle de l'aménagement des voies existantes. La vocation de la
région à penser l'avenir au niveau de sa compétence territoriale en
serait fortement bénéficiaire, sans pour autant accaparer l'ensemble
des moyens financiers au "bénéfice" de ce seul projet.
La Coordination des Associations Vigilance LGV espère
simplement que vous serez sensible à ces différents aspects et qu'avant
d'engager l'ensemble de la population de la région Aquitaine dans des
dépenses pharaoniques tout autant qu'inutiles, vous, élu(e), ne
manquerez pas de débattre de toutes les implications, et pourquoi pas
de commanditer une étude indépendante complémentaire sur la pertinence
et la faisabilité financière de ce projet SEA-GPSO.
Pour la Coordination des Associations Vigilance LGV le 12
octobre 2009.
Cette lettre ouverte est communiquée aux
conseillers régionaux de la région Aquitaine et fait l'objet d'une
diffusion à l'ensemble des élus de la région (maires et conseillers
municipaux, conseillers généraux, députés, sénateurs et députés
européens). Sa diffusion par ces premiers destinataires à l'ensemble
des populations concernées est bien évidemment souhaitée et encouragée.
Contact: coordination-asso-vigilance-LGV@orange.fr