"Points noirs" environnementaux en Gironde

 

En vue d’une publication dans le numéro 161 (hiver 2013- 2014) de la revue Sud-Ouest Nature, 10 "points noirs" environnementaux ont été sélectionnés en Gironde.

1-Centrale nucléaire du Blayais
La centrale nucléaire du Blayais, située en zone inondable et avec ses 4 réacteurs de plus de 30 ans fonctionnant avec un combustible enrichi au plutonium (MOX), représente un risque majeur pour la Gironde et l’Aquitaine et un souci permanent pour les populations environnantes. Par ses immenses besoins en eau et ses rejets chimiques et radioactifs, cette centrale contribue aussi à l’affaiblissement de la biodiversité aquatique de l’estuaire.

2-Centre d’enfouissement de déchets de Lapouyade
Ce centre qui s’étend sur plus de 100 ha au détriment des milieux forestiers, constitue un formidable aspirateur à déchets (430 000 tonnes/an) pour la Gironde et au-delà, ainsi qu’une machine à sous. Agrandi récemment, en violation du Plan Départemental des déchets, il représente une verrue monstrueuse dans les paysages du Nord Gironde, et une source de nuisance pour les riverains (trafic de camions...). Les seules solutions véritablement soutenables sont la réduction des déchets à la source, ainsi que le renforcement du tri et du recyclage.

3-Qualité des eaux du Bassin d’Arcachon
Malgré l’apport des marées, la qualité des eaux du Bassin d’Arcachon se dégrade sous l’effet des activités humaines et de l’urbanisation : molécules indésirables (insecticides, pesticides...) en provenance du bassin versant, hydrocarbures issus du motonautisme, rejets du wharf de La Salie qui se réintroduisent partiellement dans le Bassin à la faveur des courants. La création du Parc Naturel Marin du Bassin d’Arcachon pourrait contribuer à la résolution globale de ce vaste problème.

4-Erosion de biodiversité aquatique dans l’estuaire de la Gironde
La disparition de certaines espèces comme l’esturgeon européen, l’anguille ou la grande alose est symptomatique de l’érosion continue de la biodiversité dans l’estuaire de la Gironde, sous l’effet de facteurs locaux (bouchon vaseux, pollutions, exploitation des granulats...) ou globaux (réchauffement des eaux) [1].
Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de l’estuaire (SAGE), adopté en août 2013, vise à freiner l’érosion de la biodiversité et à restaurer les espèces les plus menacées.

5-Consommation des sols
Les espaces agricoles, naturels et forestiers de Gironde se réduisent comme peau de chagrin, sous l’effet de l’étalement urbain, et des projets d’infrastructures de transports, de gravières, de centres commerciaux ou de centrales photovoltaïques au sol. Face aux intérêts économiques en jeu, les lois Grenelle et les nouvelles procédures de concertation mises en place à ce jour (CDCEA...), se révèlent impuissantes à ralentir cette évolution insoutenable. La seule solution reste le plus souvent la voie du recours juridique.

6-Projet de déviation routière du Taillan
Conçue au siècle dernier, la déviation du Taillan qui menace une des zones les plus riches en biodiversité de Gironde est l’exemple même de ce qu’on ne croyait plus possible aujourd’hui. Avec 78 espèces de faune protégée, sans compter bien sûr, toutes les espèces non protégées et celles, protégées ou non, qui sont passées au travers des inventaires, pour à peine 7.850 m de route nouvelle, cette déviation, si elle voit le jour, détiendra peut-être le record français des destructions par km linéaire.

7-Chantier de la LGV Tours-Bordeaux
Le chantier en cours de la LGV Tours-Bordeaux impacte lourdement sur plus de 30 km, les milieux naturels, forestiers et agricoles du Nord Gironde, ainsi que la qualité de vie des riverains. Le site Natura 2000 des vallées de la Saye et du Meudon et la zone humide de la Virvée sont particulièrement touchés. L’emprise considérable d’une telle infrastructure de transport (en moyenne 17,5 hectares par km de ligne nouvelle) explique ses impacts sur l’environnement et les paysages. Ce chantier justifie nos craintes vis-à-vis des projets de LGV Bordeaux /Toulouse et Bordeaux/Espagne.

8-Camions européens en transit Nord/Sud en Gironde
L’intense flux quotidien de camions européens (environ 10 000 poids lourds/jour) en transit Nord-Sud, constitue un enjeu environnemental majeur en Gironde.
Outre ses effets de congestion des infrastructures, ce trafic provoque d’importantes émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en tout genre, et agresse la qualité de vie des riverains. Comme l’ont montré les retours d’expérience dans plusieurs pays d’Europe, la mise en place d’une éco-redevance pour les poids lourds constitue un des moyens les plus efficaces pour maîtriser l’évolution de ces flux routiers insensés.

9-Pollution de l’air dans l’agglomération bordelaise
Malgré les mesures mises en place à ce jour, la pollution de l’air constitue un enjeu de santé majeur, puisque près de 40 000 habitants de l’agglomération bordelaise vivraient dans des zones à risques, pour cause d’excès de particules fines ou de dioxydes d’azote dans l’atmosphère. Le trafic routier représente un facteur prépondérant de cette pollution de l’air. Une raison de plus pour maîtriser le trafic de camions en transit Nord-Sud et limiter l’étalement urbain source de trafic routier, et favoriser les transports collectifs ou les modes de déplacement doux (vélos et marche à pied).

10-Gravières
L’ouverture incessante de nouvelles gravières en Gironde est une cause importante de consommation de sols, de dégradation des paysages et d’atteinte à la qualité des eaux. Si on rajoute à cela le fait que le transport de granulats constitue 10% du trafic routier de poids lourds, il est impératif de commencer à maîtriser nos besoins en granulats, tout particulièrement pour des projets dispendieux et à l’utilité contestée, comme le Grand Stade de Bordeaux, le Grand Pont Levant ou les lignes ferroviaires à grande vitesse du Sud-Ouest.

Mise à jour du 31/08/2015

Notes

[1A consulter : les résultats des travaux présentés par le SMIDDEST lors de la réunion du 08/07/2015.« l’Estuaire de la Gironde : entre littoral et bassins versants »
http://www.smiddest.fr/blog/2015/07/08/entre-littoral-et-bassins-versants.html