Pollution des ressources en eau de la Communauté urbaine de Bordeaux par le perchlorate d’ammonium

 

Cette nouvelle affaire de pollution révèle certaines lacunes dans la protection des ressources en eau de la Communauté urbaine de Bordeaux

Aujourd’hui, la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB) bénéficie d’une eau potable distribuée de très bonne qualité provenant de quatre nappes souterraines dont la gestion est encadrée par le SAGE Nappes profondes de la Gironde.
Cependant, une grande partie des prélèvements provient de captages peu profonds présentant une forte vulnérabilité vis-à-vis des pollutions de surface : captages de la partie libre de deux nappes profondes (Miocène et Oligocène) et captages de sources qui sont les exutoires naturels de ces nappes.
Ainsi, le 19 juillet 2011, la CUB faisait état de traces de perchlorate d’ammonium dans deux ressources majeures de la CUB (15 % des ressources totales), les captages du Thil et de Gamarde à Saint Médard en Jalles. [1]
L’examen de la situation soulève plusieurs problèmes :
• l’insuffisance de la surveillance de l’ensemble des substances utilisées sur un site industriel, même si elles ne sont pas encore visées par la réglementation en vigueur, ainsi que leur dissémination dans le milieu naturel ;
• le partage et l’exploitation d’informations relatives aux pollutions industrielles (Bases de données BASIAS : Inventaire des Anciens Sites Industriels et Activités de Service et BASOL : sites et sols pollués) ;
• l’évaluation des risques et la protection de la ressource au-delà des périmètres de protection, qui, dans un environnement urbain et industriel, peuvent s’avèrer insuffisants.
Il met aussi en évidence, compte tenu des conséquences attendues de ces pollutions durables :
• le défaut de mesures préventives qui auraient permis de limiter les conséquences de ces pollutions
• le manque d’anticipation des évènements qui aurait permis d’éviter d’avoir à prendre des mesures en urgence.
Sur le plan juridique, plusieurs actions ont été engagées, fin 2011, dont deux plaintes contre X auprès du Procureur de la République de Bordeaux par la CUB et la SEPANSO

Notes

[1Cf. article de Th. ALEZINE paru dans la Lettre Eau n° 60 de Septembre 2012 de FNE : "http://www.fne.asso.fr/fr/la-lettre-eau-n-60.html?cmp_id=170&news_id=12874