Carrefour mi-parcours PREDIT 4

 

Depuis la catastrophe au Japon et la méfiance envers le nucléaire qui en découle, le modèle français qui triomphait avec le TGV, les centrales nucléaires, le tramway et les véhicules diesel est fortement remis en question.

Organisé à Bordeaux du 10 au 12 mai 2011, le Carrefour à mi-parcours du PREDIT 4 (Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres) a permis aux acteurs de la recherche française et européenne d’échanger sur la recherche et l’innovation dans les transports terrestres.
Les liens entre environnement et transports ont été assez longuement invoqués.
Morceaux choisis :
Yves Crozet (spécialiste de l’économie des transports et président du laboratoire d’économie des transports (LET).)
« Le facteur 4 (division par 4 des émissions de GES) est présenté comme le principal objectif. Cependant ce n’est qu’une façon de projeter l’ensemble des enjeux futurs sur la problématique des émissions de GES et le problème n’est pas seulement l’atteinte du facteur 4, mais aussi quelle sera la mobilité résiliente une fois cet objectif atteint.
La première clé repose sur les progrès technologiques et les énergies plus propres qui devraient permettre d’atteindre un facteur 2. Sur l’énergie, il faut cependant noter que depuis la catastrophe au Japon et la méfiance envers le nucléaire qui en découle, le modèle français qui triomphait avec le TGV, les centrales nucléaires, le tramway et les véhicules diesel est fortement remis en question. La seconde partie du chemin, l’autre facteur 2, est liée au changement de nos comportements de mobilité. Or aujourd’hui, nos capacités de changement restent à évaluer et il conviendrait de faire réaliser, comme pour le domaine bancaire, des « stress tests » sur la résilience de la mobilité en cas de choc ou de rupture.
 »

Michel André , de l’Ifsttar [1] [2]
"Les aspects de la qualité de l’air sont jusqu’à maintenant dissociés de fait. Or, les pollutions et le changement climatique sont interconnectés, avec des échelles géographiques et temporelles différentes. Les réglementations sur la qualité de l’air de la Commission Européenne ignorent en outre l’effet de serre. Ce manque de cohérence la pousse à coordonner ses actions. Des Plans Climat doivent également être lancés par les collectivités locales. Toutes les mesures visant à organiser ou réduire les déplacements affectent positivement les deux aspects. Des réponses intégrées couplant local et global semblent donc nécessaires.
Les phénomènes complexes impliqués dans la pollution locale (qualité de l’air, impacts sanitaires) et ceux touchant le climat (changements climatiques) peuvent apparaître comme radicalement différents tant par les polluants concernés que par les échelles et couches de l’atmosphère affectées. On sait cependant aujourd’hui qu’ils sont en forte interaction. À l’inverse, le changement climatique et la hausse des températures entraîneront une augmentation des pollutions locales (pics d’ozone plus fréquents en été, évaporation de COV, aridité favorisant la remise en suspension de particules, conditions de dispersion), et il est vraisemblable que les vulnérabilités et sensibilités des personnes et des milieux seront également affectées
."

Le compte-rendu de ce Carrefour est disponible en ligne.

Notes

[1Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux (Ifsttar) est un établissement Public à caractère Scientifique et Technologique né le 1er janvier 2011 de la fusion de l’INRETS et du LCPC

[2Propos tenus dans l’atelier Pollution de l’air à l’échelle locale et régionale : 10ans de recherche sur les impacts des transports
http://www.predit.prd.fr/predit4/documentFo.fo?cmd=visualize&inCde=42145