Imperméabilisation des sols en Gironde

 

La poursuite de l’imperméabilisation des sols de Gironde, corollaire de l’étalement urbain, contribue à diminuer la résilience des territoires et des habitants concernés, face à l’augmentation probable des phénomènes climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur ou les pluies intenses.

Les inondations survenues dans la nuit du 26 au 27 juillet 2013 dans l’agglomération bordelaise, suite à des pluies torrentielles, ont rappelé la vulnérabilité de certains territoires girondins, à ce type d’évènement, malgré les énormes investissements consentis dans les réseaux d’eaux pluviales depuis plus de 30 ans.
De même, le stress provoqué à Bordeaux et ailleurs, par les épisodes de forte chaleur de ce mois de juillet 2013 [1] , a mis en évidence l’inadaptation de certains choix d’urbanisme (minéralisation des places, destruction des espaces naturels...) face aux épisodes plus fréquents et plus intenses de canicule.
Alors que les experts climatiques s’attendent à une augmentation de la probabilité d’occurrence et de l’intensité des pluies violentes et des vagues de chaleur, la poursuite de l’imperméabilisation des sols [2] , corollaire de l’étalement urbain, est une grave erreur qui contribue à diminuer la résilience des territoires et de leurs habitants face aux changements climatiques d’origine anthropique.
Cette imperméabilisation aggrave les effets des canicules en contribuant à la formation d’îlots de chaleur [3] et empêche les eaux pluviales de s’écouler normalement dans les sols.
A noter aussi, que l’imperméabilisation des sols détruit les stocks de carbone du sol naturel, ainsi que la possibilité de fixation du carbone de l’air par la photosynthèse. [4]

A l’heure où certains ont de grandes ambitions pour l’agglomération bordelaise [5], le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) de l’aire métropolitaine bordelaise en cours de finalisation, se doit de démontrer que les options d’urbanisme proposées contribueront à adapter les territoires concernés aux conséquences prévisibles du changement climatique, et à renforcer ainsi leur résilience.

Pour la SEPANSO Gironde, l’arrêt de l’imperméabilisation des sols et la revégétalisation de l’espace urbain (bâti et espace public), constituent 2 leviers incontournables de cette adaptation.

DD

A lire
- Sécheresses et fortes pluies ; : comprendre et anticiper. RAC-F. mars 2012
http://www.rac-f.org/Secheresses-et-fortes-pluies,2181

- Des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes d’ici à 2040.
Le Monde. 15/08/2013
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/15/des-vagues-de-chaleur-de-plus-en-plus-frequentes-d-ici-2040_3461738_3244.html

- Heat Waves to Become Much More Frequent and Severe
http://www.sciencedaily.com/releases/2013/08/130815084845.htm

- Les villes sous la menace des pluies d’orage
Jean-Denis Renard. Sud Ouest. 8/08/2013
http://www.sudouest.fr/2013/08/08/les-villes-sous-la-menace-des-pluies-d-orage-1135785-2780.php

- Les eaux pluviales dans les projets d’aménagement.Régions Aquitaine et Poitou Charente.Octobre 2007
http://www.aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/dossierloieau200710-vc-2_cle517c4e.pdf

Mise à jour du 24/04/2016


Notes

[1"Le mois de juillet qui s’achève restera comme dans l’Histoire comme le deuxième mois le plus chaud depuis l’ouverture de la station Météo France de Mérignac en 1945. Les températures ont dépassé les 30 degrés durant 20 jours, dont 18 jours consécutifs". Juillet 2013, 2ème mois le plus chaud depuis 68 ans à Bordeaux. France Bleue Gironde. 31/07/2013 http://www.francebleu.fr/infos/meteo/chaleur-bordeaux-745832

[2Les sols sont dits « imperméabilisés » (sealed soil), quand ils sont recouverts de matériaux imperméables comme le goudron et le béton, ou des bâtiments (entrepôts logistiques, grandes surfaces commerciales...). Ces sols perdent leur aptitude à héberger des plantes et des organismes, ainsi que leur capacité d’alimentation et de filtrage des eaux souterraines

[3les surfaces bitumées ou bétonnées, contribuent à la formation d’un microclimat urbain. Lors des épisodes de fortes chaleurs, la température observée dans le cœur des villes peut s’élever de plusieurs degrés au-dessus des températures relevées en périphérie. Il s’agit d’un ïlot de chaleur urbain. Le milieu urbain est à l’origine de processus radiatifs, thermiques, dynamiques et hydriques qui modifient le climat de la ville. La couche superficielle du sol, avec la présence plus ou moins importante de surfaces végétales ou d’eau, les activités humaines qui induisent des rejets de chaleur et de polluants, et la structure urbaine, avec des matériaux de construction et une certaine morphologie du cadre bâti, sont les principaux facteurs de cette modification. Le climat urbain a pour effet principal de limiter la baisse des températures durant la nuit, diminutions qui, lors de vagues de chaleur, est pourtant essentielle pour permettre aux organismes humains une récupération des fortes chaleurs du jour.

[4Les 2 millions d’hectares imperméabilisés en France, concernent pour moitié les infrastructures de transports routiers (autoroutes, parking…) , ce qui veut dire que 285 m2 de sols imperméabilisés, sont consacrées en moyenne à la mobilité de chacun des 35 millions de véhicules. Les sols naturels stockent en moyenne, 200 tonnes de CO2 à l’hectare, et peuvent fixer jusqu’à 16 tonnes de CO2 par hectare et par an. Les surfaces stérilisées par les infrastructures routières, représentent la perte d’un puits de 200 millions de tonnes de CO2 et d’une fixation annuelle d’environ 15 millions de tonnes de CO2.

[5Il est envisagé d’urbaniser 12 000 hectares d’espaces naturels de l’agglomération bordelaise pour y installer 300 000 habitants supplémentaires à l’horizon 2030