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Il était une fois, à
la SEPANSO, une troupe de saltimbanques qui allait par les villages et
les villes porter la bonne parole écologique.
Il y a déjà
presque quarante ans. Très vite, en effet, à l'initiative d'un
enseignant, un petit noyau de courageux (ou d'inconscients) organisa le
premier stand à la kermesse des écoles laïques qui se tenait dans un
cadre on ne peut plus adapté à notre message : le Parc Bordelais. Ces fous verts avaient pour noms : Gautreau, Carlouet, Pinguet, Barrière.
 Premiers
panneaux d'information faits avec les moyens du bord, création des
premiers documents d'information à destination du public, invention de
jeux écologiques où l'on massacrait la pollution à coup de boîtes de
conserves.
Et puis, par relations ou connaissances, notre
participation aux manifestations s'est diversifiée : les marchés
biologiques de Targon, de Cadillac, du Tourne, de Ludon, d'Arsac, de
Pessac, l'Atelier forestier à Bordeaux, la Foire de Bordeaux, le Forum
des associations de Bordeaux, les Fêtes des bateaux en bois de
Gujan-Mestras au Port de Larros.
A ce sujet une petite anecdote
: cette fête était, au niveau du public, très intéressante et très
intéressée. Or nous avions à l'époque deux panneaux animés, présentant
l'un la chaîne alimentaire et l'autre la photosynthèse. Dès que les
panneaux étaient en fonctionnement, l'attroupement était instantané. La
fête attirant beaucoup de monde et le port n'étant pas très large, nous
avons réussi à bloquer tout le cortège inaugural des officiels qui fut
bien obligé de s'arrêter à notre stand !
Au fil des ans, hélas,
la troupe s'est disloquée au gré des déménagements professionnels
d'abord, puis avec l'âge, des déménagements définitifs. De plus jeunes
ont pris la relève, de manière différente. Il faut vivre avec son temps.
Il reste encore deux saltimbanques de cette époque pour témoigner.
Peut-être
certains sont-ils surpris du terme de saltimbanque, mais les stands
n'étaient pas du style "clefs en mains" et il fallait souvent
improviser au dernier moment, pour s'abriter du vent qui faisait tomber
les panneaux, s'envoler les papiers, et aussi de la pluie. Nous avons
été jusqu'à faire un stand dans le coffre de ma 205 avec le hayon pour
toit !
Mais c'était passionnant, même si ce n'était pas toujours
facile de convaincre les gens, surtout ceux qui étaient contre ou ne
voyaient pas l'intérêt d'une telle démarche !
Espérons seulement
que ces anti-écologistes auront changé d'avis et que les quelques
graines que nous avons semées auront germé et pris racine !
Françoise PINGUET
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