|
Définition : "Touriste : se dit d'un voyageur qui parcourt des pays étrangers par
curiosité ou par désuvrement..." (Littré). Effectivement, le tourisme est
une manière de satisfaire les sens de l'individu. Celui-ci recherche et éprouve un
plaisir certain à découvrir des paysages, des odeurs, des musiques, des goûts...
nouveaux. Ce qui fut longtemps l'apanage des gens fortunés a été généralisé avec les
congés payés... Mais avec notre soif de consommation de plus en plus intense, le
tourisme est devenu dans certains cas une véritable source de pollutions. Bien des
exemples viennent à l'esprit : les bords de mer où le piétinement et le bétonnage ont
réduit à néant bien des espaces fragiles, les montagnes où cueillettes et sports ont
banalisé, voire défiguré vallées et parois...
La SEPANSO condamne-t-elle pour autant globalement le tourisme ? Non ! Il existe des
formes de tourisme écologique. La définition du Littré le laissait d'ailleurs supposer
dans la mesure où la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut, mais bien souvent
une qualité.
L'homme, en dehors des milieux auxquels il est habitué, peut réfléchir. Il peut fort
bien saisir globalement toutes sortes de beautés : paysages, patrimoine, espèces
floristiques et faunistiques. Il pourra à l'occasion être amené à comparer ce qu'il
découvre avec ce qu'il croit connaître : son environnement habituel.
L'homme, d'autre part, peut utiliser les informations que lui transmettent ses
sens pour
analyser les fonctionnements des milieux. Il sera ainsi amené à saisir les relations qui
interviennent au sein de ceux-ci. C'est ainsi que nous saisirons la fragilité de ce qui
nous est donné d'observer.
Les deux démarches, complémentaires, doivent permettre à chacun de comprendre qu'il
existe des facteurs limitants. L'exemple de la Grotte de Lascaux est sans doute celui qui
a le plus marqué notre, époque. La pression touristique a des limites, et au delà de
ces limites, le système explose. Tous ceux qui profitaient du système lorsqu'il
fonctionnait bien se retrouvent aussi appauvris que le milieu lui-même.
Aujourd'hui, certains milieux particulièrement fragiles sont considérés à juste titre
comme des vitrines. L'image est juste : le touriste n'a plus le droit de toucher les
objets qui sont exposés. Il faut amener enfin chacun à comprendre que même le regard
peut être sérieusement perturbateur : des oiseaux cessent de nourrir leurs petits
lorsqu'ils perçoivent que le nid a été découvert... Cela nous amène à poser
l'impérieuse nécessité de sauvegarder des sanctuaires, espaces dans lesquels l'homme
accepte de ne plus intervenir, ou encore de n'intervenir qu'à certaines époques, pour
des perturbations connues et limitées en fonction de cette connaissance.
Le touriste qui a compris cela peut se promener l'esprit en paix. Il saura prendre soin de
s'intégrer au milieu qu'il visite : pas de vêtements aux couleurs vives, pas de
bruit,
pas de feu... S'il a des animaux, il évitera de les faire suivre. Et n'oubliez pas : la
prudence veut que dans le doute on s'abstienne. Avant de visiter un endroit, interrogez
les associations locales comme la SEPANSO, elles seront à même de vous donner quelques
conseils.
|