|
En
matière de transports, la SEPANSO part d'un certain nombre de constats :
d'abord celui de l'explosion du transport routier qu'a connue l'Europe dans ces
dernières décennies, due pour l'essentiel au système dit "à flux
tendus", lié à la libéralisation des échanges commerciaux, mais aussi
au fait que ni l'énergie, ni l'usage des infrastructures routières ne sont payés
à leur juste prix. L'usage de l'automobile est par ailleurs devenu abusif, en
raison de l'évolution des modes de vie, aussi bien que de l'extension considérable
de l'espace urbain qu'il favorise. Or non seulement les responsables politiques
n'ont pas été capables de réagir devant cette dérive des transports, mais
encore ils en ont rajouté en brandissant comme argument électoral le fameux désenclavement
par l'autoroute qui allait y remédier. Le résultat est aujourd'hui connu :
abandon progressif du fret ferroviaire et crise du rail, congestion et anarchie
du système routier, dépendance croissante vis-à-vis des carburants,
morcellement et déséquilibre de l'espace urbain et rural, extension démesurée
des villes, explosion des migrations pendulaires, congestion des centres
urbains, etc.
Dans ces conditions, la
SEPANSO a choisi :
· De
soutenir
au plan national les positions du Réseau Transports de France Nature
Environnement qu'elle a contribué à définir, et qui fait pression sur le
gouvernement afin de voir rectifier les errements de la politique des transports
cités plus haut - en particulier à travers une remise en cause des avantages
indus (principalement fiscaux) dont bénéficie jusqu'à présent le transport
routier des marchandises.
·
De mettre en avant au plan régional :
- La nécessité pour le Conseil Régional de cesser son soutien
inconditionnel au transport routier à travers ses subventions aux
infrastructures, en soulignant combien, en particulier, le développement
autoroutier polarise et morcelle excessivement l'espace et ne le désenclave que
rarement.
- L'urgent besoin de faire porter un plus grand effort financier
sur le fret ferroviaire (développement des plates-formes multimodales, remise
en service du tunnel Pau-Canfranc) et maritime (relance du cabotage avec
l'Europe du Nord et la péninsule ibérique). Dans la perspective d'un renouveau
du rail, elle insiste pour qu'aucune emprise ferroviaire hors service ne soit
aliénée, de même que les embranchements d'entreprises existantes.
- La SEPANSO ne critique pas
à priori le développement des TGV, mais
insiste pour que leur insertion prenne mieux en compte la préservation des
milieux naturels et des couloirs de déplacement de la faune ainsi que la desserte des pôles
urbains secondaires, en particulier dans le Sud de la Région. Elle approuve le
remodelage du "nœud" ferroviaire de Bordeaux, goulet d'étranglement
des trafics. Elle insiste pour de meilleures dessertes TER.
- Si elle approuve le développement de transports en commun
urbains, modernes et multimodaux (tramway à Bordeaux), elle critique l'absence
d'une véritable volonté de réduire l'usage urbain de l'automobile, particulièrement
dans la Communauté Urbaine de Bordeaux. Elle souhaite que la mise en œuvre de
Plans de Déplacements Urbains soit reprise à leur compte par les élus des
villes moyennes de la Région.
- Elle réclame une meilleure maîtrise de l'extension urbaine,
dont les errements ont généré les désastreuses migrations pendulaires
actuelles. Dans le cas de la métropole régionale, elle refuse la perspective
d'une deuxième rocade qui relancerait l'urbanisation et traduirait le
renoncement à freiner le transit actuel du fret routier.
- Elle soutient enfin le développement de pistes cyclables en site
propre en ville, ainsi que celui des zones piétonnières et d'une politique
convenable de protection du piéton.
|