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Situation

La Réserve Naturelle Nationale du Banc d’Arguin englobe l’ensemble des Îlots sableux qui se forment à l’entrée du bassin d’Arcachon, entre la pointe du Cap Ferret et le continent, ainsi que la partie maritime comprise autour de ces îlots. Surmontée par l’imposante dune du Pilat, la réserve bénéficie d’un cadre paysager exceptionnel. Elle est traversée par deux grands chenaux appelés « passes » qui permettent au bassin d’Arcachon, seule grande échancrure de près de 155 km² sur les 270 km de la côte Aquitaine, de se remplir et de se vider au grès des marées.


http://www.ladunedupilat.com/ (site officiel du Grande Site de la Dune du Pilat).

 
Département :   Gironde (33) 
Commune : La Teste de Buch
Création :  1972
Superficie : environ 2 500 ha
Gestionnaire:  SEPANSO


Carte de la réserve

Carte de localisation de la Réserve Naturelle Nationale du Banc d’Arguin (03/15).


Bancs d’Arguin et du Toulinguet

Le banc d’Arguin et le banc du Toulinguet avec en fond le Cap Ferret.



Formation géologique

L’existence d’îlots sableux à l’embouchure du bassin d’Arcachon est étroitement liée à sa genèse. Le Bassin est une formation géologique récente qui a débuté il y a environ 4 000 ans lors d’une période de réchauffement du climat et de montée de l’eau (transgression marine). Le trait de côte avait alors atteint sa position actuelle. Pour continuer à s’écouler, l’Eyre, petit fleuve côtier qui prend sa source au cœur du plateau landais, encombrée alors de bancs de sable repoussés vers l’est par la transgression marine, commença à former un delta. Il y a environ 2 000 ans, une flèche sableuse qui bien des années plus tard a pris le nom de Cap ferret se mit progressivement en place, sous l’effet la dérive littorale, courant côtier pourvoyeur des petits grains blonds, le sable. Ce dernier provient du plateau continental, aujourd’hui immergé et de l’érosion des massifs montagneux proches du bassin Aquitain. Le Cap Ferret continua sa progression vers le sud pour venir fermer en partie l’embouchure de l’Eyre et former une lagune semi-fermée, le bassin d’Arcachon, qui présentait déjà une configuration proche de l’actuel au XVIIIème siècle. L’existence de bancs de sable à l’embouchure du Bassin n’est pas avérée mais supposée depuis l’époque Gallo-Romaine. De nos jours, il est estimé qu’un banc de sable comme Arguin, sous les actions antagonistes de la dérive littorale et des courants de marée, met entre 80 et 120 ans pour dériver vers le sud, entre la pointe du Cap Ferret à la pointe d’Arcachon (secteur de La Salie). Le banc d’Arguin actuel arrive quant à lui à la fin de son cycle et sera un jour remplacé par un nouveau banc. Tel est le devenir de ces îlots sableux qui se déplacent et changent continuellement de forme au niveau de l’embouchure du Bassin.

http://www.leonc.fr/histoire/cartes/cart007.htm (Carte géographique de Cassini publiée en 1815).



Evolution du bassin d'Arcachon (d’après Vigneau, 1975). BP : Before Present


Historique du nom et de la création de la réserve

Il n’existe aucune certitude quant à l’origine du nom « Arguin », employé pour la première fois dans le bassin d’Arcachon en 1835. Il existe cependant un autre banc d’Arguin sur le continent africain, en Mauritanie, baptisé ainsi au XVème siècle sous la domination portugaise. « Arguin » serait issu d’un mot berbère désignant une plante locale.

Le banc d’Arguin mauritanien est tristement connu pour avoir été le théâtre du naufrage de la frégate française La Méduse survenu en juillet 1816. Ce naufrage fit plus de 140 victimes, dont certaines furent immortalisées dans le célèbre tableau du peintre Géricault le radeau de La Méduse.

Une vingtaine d’années après ce fait tragique, l’ingénieur hydrographe Paul Monnier inscrivit pour la première fois « Arguin » sur une carte marine du bassin d’Arcachon. Peut-être avait-il été frappé par la dangerosité des « passes », également connues pour des naufrages, ou par des similitudes paysagères avec le littoral mauritanien, ou simplement voulait-il honorer la mémoire des défunts naufragés de La Méduse ? Nul ne le sait.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502207x/f1.zoom.langES (Carte marine de Paul Monnier - 1835).

Les oiseaux et les Hommes ont continué d’écrire l’histoire du banc d’Arguin français, tant convoité par des plaisanciers en quête d’exotisme. En 1966, une colonie d’un millier de couples de Sternes caugeks essaya pour la première fois de nicher sur le banc d’Arguin, mais ces dernières furent victimes de la malveillance de certains plaisanciers qui utilisèrent les œufs comme projectiles à s’envoyer à la figure. Des universitaires et des amoureux de nature, affligés par ce spectacle, se mobilisèrent alors pour tenter de protéger ces oiseaux. Ainsi naquit en 1969 la SEPANSO dont la première mission fut de faire acquérir au banc d’Arguin un statut de protection fort. Cet objectif fut atteint le 4 août 1972, date du classement du banc d’Arguin en Réserve Naturelle Nationale. Sa gestion pour le compte de l’Etat fut confiée par convention à la SEPANSO et l’embauche du premier garde animateur salarié, en 1974, assura une nidification en continu des sternes.


En 1966, les actes de vandalisme sur les pontes furent relatés dans la presse locale.

Le milieu naturel

Fragiles, les habitats naturels de la réserve sont tous protégés en Europe. La grande variabilité topographique des bancs de sable influe sur la localisation, voir même sur la pérennité de ces habitats.

-Bancs de sable à faible couverture permanente d'eau marine :

Bancs de sable nus ou recouverts de Zostères marines dans les secteurs abrités de la houle.




-Replats sableux exondés à marée basse : 

Bancs sableux à sablo-vaseux, nus ou recouverts ici et là de Zostères naines dans les secteurs abrités de la houle.




-Haut de plage :

Secteur atteint par l’eau uniquement lors des grandes marées et des tempêtes. Lieu de l’accumulation des laisses de mer qui apportent la matière organique nécessaire à la mise en place d’une végétation annuelle pionnière comprenant le Cakilier maritime (au premier plan sur la photo).




-Dune mobile embryonnaire :

Dune majoritairement présente sur la réserve naturelle. Elle est dominée par le Chiendent des sables. Elle forme des « banquettes » végétalisées peu élevées et correspond au premier stade de l’édification de la dune.




-Dune blanche ou vive :

Stade d’évolution postérieur à la dune embryonnaire, elle est caractérisée par des mouvements sédimentaires importants. Sur la réserve naturelle, elle est spontanément colonisée par l’oyat (au second plan à droite et en arrière-plan sur la photo), mais ici, la frontière entre la dune embryonnaire et la dune blanche est peu marquée du fait du caractère insulaire d’Arguin.




-Dune grise ou fixée :

C’est la plus ancienne dune de la réserve naturelle. Elle présente la plus grande biodiversité floristique du site. Son appellation lui est donnée par la partie végétative des Immortelles des sables (en fleur sur la photo) de couleur gris cendré et par la présence de mousses et de lichens.





La flore

Comme partout sur le littoral, les plantes sont soumises à des conditions écologiques particulières auxquelles elles sont adaptées : salinité, manque d’eau douce, vents forts, sol meuble… La Linaire à feuille de thym, endémique française de la côte sud-ouest est présente sur la réserve certaines années. Du fait de la grande mobilité des bancs de sable, les espèces pionnières des dunes littorales comme le Cakilier maritime et le Chiendent des sables sont majoritairement présentes.


Euphorbe maritime.
Panicaut de mer.


Liseron des sables.
Linaire à feuille de thym (protégée au niveau national).

Les zostères ne sont pas des algues mais des plantes à fleurs qui sont revenues à la vie aquatique il y a des millions d’années. Elles forment ici et là de véritables prairies sous-marines essentielles à la bonne santé de l’écosystème marin. Mortes, elles deviennent un élément primordial dans la composition des laisses de haute mer du bassin d’Arcachon.


Zostère marine.
Zostère naine.


Les arthropodes

Les arthropodes ou « articulés » regroupent 80% des espèces animales connues sur notre planète et notamment des grands taxons comme les insectes, les crustacés ou encore les arachnides. Ils ont su coloniser tous les habitats naturels de la réserve et se retrouvent souvent comme maillons centraux de nombreuses chaines alimentaires.


Petite araignée du genre Macropodia (crustacé).
Bernard l’hermite (crustacé) dans une coquille de Nasse réticulée.


Puce de mer (crustacé).
Forficule des sables (insecte).


Argiope lobée (arachnide).
Hanneton foulon (insecte).


Les mollusques

Les mollusques sont présents dans l’ensemble des habitats marins de la réserve naturelle. Grâce à plusieurs millions d’années d’évolution, ils exploitent avec ingéniosité les niches écologiques qui s’offrent à eux. Mais attention, l’introduction d’espèces exogènes envahissantes comme l’Huître du Pacifique (huître creuse cultivée) tend à rompre l’équilibre qui existe entre les espèces sauvages.


Vernis (bivalve filtreur).
Taret (bivalve xylophage).


Gibbule mage (gastéropode brouteur).
Nasse réticulée (gastéropode charognard).


Natice porte-chaine (gastéropode prédateur).
Seiche commune (céphalopode prédateur).


Les oiseaux

située sur l’un des 8 grands couloirs migratoires de la planète appelé « Voie Est-Atlantique » et qui relie le continent Africain aux régions circumpolaires de l’Europe et de la Russie, la réserve naturelle accueille une multitude d’oiseaux. Plus de 200 espèces différentes ont été recensées depuis sa création en 1972.

Les passereaux, aspirés par l’entonnoir que forme le Cap Ferret, passent, notamment lors de la migration postnuptiale, par centaines de milliers au-dessus de la réserve naturelle. Certains y effectuent une petite halte pour reprendre des forces.


Bruant des neiges.
Traquet motteux.

Les anatidés qui comprennent notamment les oies, les canards et les cygnes sont présents sur la réserve naturelle lors de la période d’hivernage. Leurs principaux représentants sont les Bernaches cravants (souche sibérienne) qui paissent sur l’herbier de Zostère naine à marée basse et les Harles huppés qui pêchent dans les conches (petites baies abritées).


Bernache cravant (juvénile).
Harle huppé (mâle).

Les limicoles sont des petits échassiers qui affectionnent particulièrement la zone de balancement des marées, aussi appelée « estran ». La diversité et l’abondance des organismes qui y vivent (annélides, crustacés, mollusques…) attirent les limicoles. Ces derniers, comme les bécasseaux ou les barges, sont de grands migrateurs qui se reproduisent généralement dans le nord de l’Europe et qui trouvent sur le bassin d’Arcachon, le temps d’une halte, la nourriture nécessaire à la reconstitution de leurs réserves de graisse. Pour certains d’entre eux, le bassin d’Arcachon marque la fin du voyage. Pendant quelques mois, leur vie est alors rythmée par des « va-et-vient » incessants entre les vasières nourricières qui se découvrent à marée basse et les reposoirs de marée haute tels que le banc d’Arguin et l’Ile aux Oiseaux.

D’autres, comme l’Huîtrier pie, dont Arguin constitue l’unique site de reproduction aquitain et le Gravelot à collier interrompu, ont choisi de nidifier sur les plages et les dunes du banc d’Arguin. Mais cette nidification est mise à mal par les centaines de plaisanciers qui débarquent journellement, la belle saison venue, sur les bancs de sable de la réserve naturelle.


Bécasseau variable.
Barge rousse.


Huîtrier pie au nid.
Gravelot à collier interrompu.

Les laridés regroupent les mouettes et les goélands. Ces oiseaux opportunistes, formidablement bien équipés pour la vie en milieu côtier, sont présents toute l’année sur la réserve naturelle. Certains goélands s’y reproduisent même. Ce n’est pas le cas des mouettes qui désertent le banc d’Arguin au printemps pour aller se reproduire un petit peu plus dans les terres, au bord des lacs, des étangs ou dans des marais.


Goélands bruns.
Mouettes mélanocéphales en plumage nuptiale.

Les sternidés sont essentiellement représentés par les Sternes caugeks qui nidifient en continu sur la réserve depuis 1974, dans une zone de protection intégrale interdite d’accès. Plus grande colonie d’Europe dans les années 80 et 90 (près de 4700 couples en 1991), la colonie du banc d’Arguin s’est quelque peu essoufflée au début des années 2000, consécutivement à une diminution des stocks de petits poissons (anchois et sardines) dont raffolent les sternes. A partir de 2010, alors que la colonie semblait se stabiliser entre 2500 et 3000 couples, les Milans noirs ont fait leur apparition. Ces oiseaux opportunistes qui étaient en quête de nourriture suite à la fermeture des décharges à ciel ouvert ont découvert la colonie du banc d’Arguin. Depuis, le harcèlement quasi permanent des Milans noirs, notamment à partir des éclosions, pourrait menacer l’avenir de la colonie.

Ponctuellement, des cas d’hybridation entre des Sternes caugeks et des sternes d’espèces différentes (Sterne voyageuse ou Sterne élégante) se produisent. Des oisillons viables sont nés de ces unions métissées.

Les Sternes caugeks passent l’hiver sur la côte ouest-africaine mais une petite centaine d’individus sont recensés chaque hiver sur le bassin d’Arcachon.

Cas unique en Aquitaine, la Sterne naine (1 couple) a quant à elle nidifié en 2012 et a élevé 1 jeune. Ce fut un premier succès après une tentative ratée 10 ans auparavant.


Colonie de Sternes caugeks.


Retour de pêche pour une Sterne caugek.
Parents et poussins.

Les oiseaux de la réserve naturelle font l’objet, durant toute l’année, de trois comptages mensuels, dont un qui est plus spécifiquement dédié aux limicoles et qui est réalisé simultanément sur l’ensemble des reposoirs de marée haute du bassin d’Arcachon par les institutions partenaires. Les oiseaux nicheurs de la réserve naturelle et leur progéniture font de plus l’objet de suivis écologiques plus poussés.


Poussin d’Huîtrier pie bagué.



Les mammifères marins :

Des mammifères marins sont régulièrement observés aux abords et sur la réserve naturelle. Il s’agit essentiellement de petits cétacés qui par le passé fréquentaient l’intérieure du bassin d’Arcachon et de jeunes phoques erratiques en provenance de la Manche ou de la Mer du Nord.


Groupe des 6 Grands dauphins qui ont fréquenté
le Bassin jusqu’en 2001.
Phoque veau marin en position de la « banane », signe de bon état physique.

Les échouages de ces animaux qui sont souvent dus à des captures accidentelles par les bateaux de pêche font l’objet depuis plus de 40 ans d’un suivi coordonné par l’Observatoire PELAGIS.

http://crmm.univ-lr.fr/index.php/fr/echouages/que-faire (Conduite à tenir lors de la découverte d’un mammifère marin échoué, vivant ou mort).


La découverte du site et accueil du public




La réglementation



Informations pratiques

La vie sur la réserve Naturelle du Banc d'Arguin

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