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     La vie sur la Réserve Naturelle - Hiver 2010

 

Couleurs et paysages


Photos prises à l'occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides 2008

Ambiance sonore de la Réserve Naturelle

 

« Grand Jeu des écosystèmes » : Développer les animations pour les écoles est notre priorité. Pour cela, nous avons conçu un panneau pédagogique de la réserve naturelle.

Les averses n’empêchent plus le jeune public de découvrir la réserve ! Depuis septembre 2009, une animation complète et ludique est possible dans les classes.

Outil interactif en grand format, ce panneau permet d’appréhender les notions de biodiversité et d’interdépendance des êtres vivants. Dans quelle végétation se cache la Cistude ? Où la Loutre passe-t-elle la nuit ? Qui mange qui ? etc. Les participants placent des pions, tirent des cartes-indices pour découvrir les différents habitats, la vie des espèces qui leur sont inféodées, leurs liens et la place de l’homme dans l’équilibre du milieu naturel.

Grand jeu des écosystèmes

Les potentialités en matière d’éducation à l’environnement du site et des milieux voisins sont importantes. Nous souhaitions donner à tous les publics l’opportunité de prendre part à sa vie. Cet outil constitue un support majeur pour les interventions dans le cadre scolaire, et aussi pour un public bien plus large, par exemple dans les villages vacances, ou pour animer des stands.

A l’issue d’une présentation des activités d’animation menées à la réserve naturelle depuis 3 ans, le Rotary Club du Médoc a apporté le financement initial pour soutenir mon idée de conception du panneau. La participation du Conseil Général de la Gironde et de la DIREN a permis de finaliser sa réalisation pour la rentrée scolaire.

La qualité technique de l’agence de graphisme Albatros laisse présager une longue vie du « Grand jeu des écosystèmes » dans les classes que nous visitons, et dans la future maison de la nature, au Pont du canal à Lacanau.

« Miss Land-Art » :   Journée créative au cœur de l’âge tendre, une grande joie partagée !

Miss Land Art

Ces « Miss Land-Art 2009 » et leurs petits camarades m'ont scotché un sourire au visage toute la journée. Nous voici partis pour une balade jalonnée de petits ateliers aérés et colorés. Quelques brindilles ramassées, un soupçon de créativité, mélangés à une bonne dose d’authenticité… pour un temps que l’on voudrait infini au cœur de l’âge tendre. Ils ont commencé par faire une activité artistique de collage d’éléments naturels les plus colorés possibles.

Puis par petits groupes, ils ont choisi leur plante, celle dont la forme leur plaisait bien (Pin maritime, Chêne vert, Arbousier, Ciste à feuille de sauge, Genêt à balais, etc), pour inventer leur histoire, celle du végétal… Ouverture sur l’imaginaire ! Leurs personnages : des arbres volants, des baleines flottant dans le ciel, un écureuil qui recolle les feuilles tombées au sol sur des branches biscornues (d’un Pin pourquoi pas ? rêvons avec eux), des Chamois, des Loups et des Lynx… qui n’étaient finalement pas si loin de la dune littorale parcourue !

Leurs histoires, ils les ont partagées à tour de rôle avec nous, en s'exprimant dans la nature, devant toute la classe. Exercice de style, de confiance et d'entente. Le fil conducteur de leurs mots libérés, pas si farfelus et si nécessaire recontextualisés par nous « les grands », permet à ces « futurs adultes » de mieux apprécier la richesse du milieu naturel et l’enjeu de sa protection. Il permet aussi simplement à l’enfant de vivre un moment d’enchantement au grand air. A la fin de la journée, je leur ai délivré à tous le diplôme de « raconteur d'histoire en herbe ». Notes bien prises, les contes sont à lire ci-dessous…

L'histoire de l'arbouriser    L'histoire du chêne vert    L'histoire du ciste
L'histoire du genêt    L'histoire du pin

 

Grues cendrées à Cousseau : nouveau record d’hivernage !

Oiseaux migrateurs qui nichent dans le nord-est de l’Europe, les grues cendrées Grus grus arrivent chaque année par centaines pour hiverner dans la réserve. La présence, depuis 1989, de ces majestueux échassiers est un résultat encourageant des travaux de restauration du marais, où ils se remisent après avoir passé la journée dans les zones d’alimentation alentours.



Photo H Vaningen

D’une année sur l’autre, les effectifs de grues augmentent toujours. Après 10 ans de restauration, à Cousseau, de l'habitat de cette espèce protégée, nous sommes passés de 10 individus sur la réserve en 1988/1989, à près de 1500 individus en 2009/2010 !

Un nouveau site de halte pour la Spatule blanche

Jusqu'à 2006, en transit entre les zones en reproduction du Nord-ouest de l'Europe et celles d'hivernage d'Espagne ou d'Afrique, les Spatules blanches en cours de migration prénuptiale et postnuptiale survolaient Cousseau mais ne stationnaient qu'occasionnellement. Le Delta de l'Eyre au sud et les marais l'estuaire de la Gironde au Nord constituant des escales suffisantes.   

Depuis 2007, des groupes ont stationnés en s'alimentant dans le marais. Au printemps 2008, jusqu'à 140 Spatules étaient présentes simultanément. En 2009, leur présence a été quasiment quotidienne entre mars et septembre.

Indéniablement, elles trouvaient enfin sur Cousseau des ressources trophiques qui les intéressaient.

En effet, la conjugaison de l'ouverture d'espaces accessibles dans la marais par les travaux de restauration, d'une amélioration sensible de l'écosystème suite à la gestion hydraulique et aussi de l'arrivée d'une ressource abondante : l'Ecrevisse de Louisiane, ont permis ces stationnements.


Spatules au marais

Le saviez-vous ?

Une gestion forestière est pratiquée sur la Réserve Naturelle de l'Étang de Cousseau. Elle a pour objectifs:

  • la restauration des boisements vers un type plus naturel;
  • l'accroissement de la biodiversité;
  • le respect et la mise en valeur des paysages;
  • l'accueil et la sécurité du public présent sur le site.

Des coupes de Pins maritimes (4000 pins) ont été réalisées en périphérie des barins (dépressions interdunaires) pour limiter l'assèchement, dans les clairières ouvertes par la tempête de 1999 pour accélérer la recolonisation de ces sites par les essences naturelles, au niveau des pistes de service pour permettre le passage de véhicules de secours en cas d'incendie.
Un article au sujet de cette gestion est parue dans le Sud-Ouest Nature n° 126 : "Restaurer la naturalité et la biodiversité de la forêt de l'étang de Cousseau".

L'Ecrevisse de Louisiane Procambarus clarkii

Parmi les espèces invasives, l'Ecrevisse de Louisiane est devenue très abondante à Cousseau en quelques années. Notée à Cousseau à partir de 2004, cette espèce invasive déjà présente dans de nombreux marais et points d'eau dans la région, a un impact très important sur la végétation, noté dès 2006.

Auparavant, quelques individus d'Ecrevisse américaine Orconectes limosus, espèce également introduite et invasive, avaient été notés depuis 2000, retenus par les grilles des prises d'eau du marais.

Alors que les effets positifs des travaux de gestion et des aménagements hydrauliques commençaient à se dessiner, cette espèce, malgré une prédation importante par de nombreuses espèces, a fortement faucardé la végétation aquatique et semi aquatique, en particulier sur les points d'eau les plus profonds, mares, canaux et étang.

Ainsi des plantes comme l'Eléocharis (E. multicaulis), la Thorella (Caropsis verticillatinundata), subissent un impact important et en 2008, certaines n'ont pas été retrouvées, comme les Utriculaires, les Renoncules aquatiques, etc. L'herbier de nénuphar de l'étang a quasiment disparu. De même, des plantes d'apparition récente, comme la Glycérie, ont été coupées et l'espoir de voir des espèces comme la Littorelle se réimplanter est compromis, d'autant que même des grandes hélophytes sont attaquées (Phragmite, Joncs des chaisiers, Marisque).

Les interventions de régulation comme la capture sont vaines chez cette espèce, étant donné la dynamique de sa population et sa présence à grande échelle. Il faut espérer que ses nombreux prédateurs, espèces déjà présentes sur Cousseau comme la Loutre, le Brochet, la Cistude, le Sanglier, le Héron cendré, ou  espèces stationnant récemment comme la Spatule, la Cigogne blanche, la Guifette moustac, le Courlis cendré, etc…  maintiendront une pression de prédation qui ramenera la population d'Ecrevisse a un niveau supportable par les habitats et les espèces.

Parallèlement, nous maintenons des niveaux d'inondation hivernale permettant d'une part de limiter l'inondation d'habitats sensibles et d'autre part de faciliter l'accès aux  prédateurs.


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