La Réserve Naturelle des Marais de Bruges

Créée en 1983 dans la commune de Bruges, en Gironde, la Réserve naturelle des Marais de Bruges couvre aujourd'hui près de 265 hectares.

Découvrez les marais de Bruges

Les marais de Bruges se situent dans le nord de la métropole bordelaise, à 2 kilomètres de la Garonne (rive gauche).

La Réserve naturelle est entièrement sur la commune de Bruges.

Découvrez les 10 fiches de l'opération "La nature à votre porte" réalisée durant le confinement en partenariat avec la mairie de Bruges afin d'offrir aux habitants une fenêtre sur la nature.

Chaque fiche présente une espèce facile à observer, à travers des anecdotes originales ou plus surprenantes...

Découvrez les marais de Bruges

La nature à votre porte

Découvrez 12 espèces faciles à observer sur la commune de Bruges, à travers des anecdotes originales ou plus surprenantes...

Historique

Au confluent de la vallée de la Jalle de Blanquefort et de la Garonne, le marais de Bordeaux-Bruges était décrit au 17ème siècle comme une vaste étendue d'eau en grande partie recouverte de roseaux, soumise au régime des marées de la Garonne.

Formation des marais

Sa formation, à l’instar d’autres zones bordant la Garonne et l’estuaire de la Gironde, résulte d’un dépôt de sédiments sur plusieurs centaines de siècles.

D’innombrables crues et marées ont formé un bourrelet alluvionnaire rendant difficile l’écoulement des eaux venant de l’intérieur des terres.

Aménagements hydrauliques - Activités humaines

Les hommes, qui ont de tout temps retiré de nombreuses ressources des zones humides, n’ont eu de cesse de maîtriser l’eau pour optimiser les surfaces exploitables. 

Les premiers grands travaux hydrauliques sont réalisés dès le 15ème siècle sous Henri VI, Roi d’Angleterre et Duc de Guyenne, qui donna le marais à la ville de Bordeaux, à charge pour elle de l'assécher car les marais étaient accusés d’être la source de nombreuses maladies.

Mais c’est surtout à partir de l’édit royal de 1599 d’Henri IV, ordonnant l’assèchement des marais pour lutter contre les épidémies et répondre aux besoins de l’agriculture, que le marais va connaître de profondes mutations.

Les jurats de Bordeaux cédèrent leurs propriétés à des Hollandais afin qu’ils réalisent les travaux nécessaires.

Les ouvrages hydrauliques destinés à contrôler l’eau vont permettre d’augmenter les surfaces consacrées à l’élevage, principalement de bovins et d’équins, et les roseaux vont faire place à un paysage de prairies bocagères.

L’hirudiniculture

Durant la deuxième moitié du 19ème siècle, une activité singulière perdura durant quelques décennies avant de péricliter : l’hirudiniculture (élevage de la Sangsue médicinale Hirudo medicinalis).

Au milieu du 20ème siècle, ce marais, qui s'étendait encore sur plus de 3000 hectares, va être irrémédiablement détruit à plus de 90 % par une urbanisation galopante.

Création de la réserve

En 1983, après plusieurs années de procédure et grâce à l’opiniâtreté de Raymond Manaud, maire de Bruges, et de Guy Maigre, conseiller municipal, la Réserve Naturelle Nationale des marais de Bruges est créée par décret ministériel afin de protéger 265 hectares sur les 280 qui subsistent du marais.

Réglementation

Les visites de la Réserve naturelle ne peuvent s'effectuer qu'à pied et en suivant un itinéraire balisé prévu à cet effet. La pénétration hors des cheminements autorisés ne peut se faire que sous la conduite d'un animateur.

Des gardes commissionnés veillent au respect de la réglementation.

EST INTERDIT toute l'année :

  • l'accès des chiens (et autres animaux domestiques) même tenus en laisse,
  • la circulation et le stationnement des véhicules à moteur ou des vélos,
  • la chasse, la pêche,
  • le camping,
  • le dérangement de la faune,
  • la cueillette (champignons, plantes, fleurs, fruits...)
  • la circulation à pied hors du sentier de visite.
Interdictions aux marais de Bruges

Localisation du Marais de Bruges

Comment s'y rendre ?

  • En voiture
    Rocade sortie n°6 puis suivre la direction de Blanquefort par l’avenue des Quatre ponts.
  • A vélo
    Pistes cyclables depuis Bordeaux, Blanquefort ou Eysines.
  • En tram
    Ligne C - arrêt Frankton puis 10 mn de marche.
  • TER Nouvelle-Aquitaine
    Arrêt gare de Bruges + 25 minutes de marche.

Le milieu naturel

Une mosaïque de paysages, une grande richesse floristique

Le marais se compose d’une mosaïque de paysages qui sont pour la plupart façonnés par l’homme depuis des siècles.

Les botanistes ont pu identifier 69 habitats, sachant que 45 d’entre eux présentent un intérêt patrimonial.

L’inventaire de la flore compte actuellement 512 espèces, dont 67 ont une valeur patrimoniale régionale et/ou départementale et 14 bénéficient d’une réglementation.2 espèces sont protégées au niveau national : la Pulicaire commune Pulicaria vulgaris et la Renoncule à feuilles d’ophioglosse Ranunculus ophioglossifolius.

L’eau est omniprésente sur l’ensemble de la Réserve naturelle, qui est parcourue par trois jalles (terme gascon désignant les rivières au nord de Bordeaux), quadrillée par une trentaine de kilomètres de fossés et parsemée d’une quinzaine d’hectares de plans d’eau permanents ou temporaires.

Par endroits, serpentent plusieurs kilomètres de bras morts, vestiges de rivières qui témoignent d’une époque où les marais n’avaient pas encore été modelés par l’homme.

Prairie remplie de salicaire au marais de Bruges

Les prairies

Les trois quarts du site sont recouverts de prairies au faciès très changeant en fonction de l’hygrométrie du sol et du mode de gestion pratiquée (pâturage et/ou fauche).

Les zones plus humides se caractérisent par des plantes hygrophiles comme la Glycérie flottante Glyceria fluitans, la Petite douve Ranunculus flammula ou la Houlque laineuse Holcus lanatus, tandis que les secteurs moins inondables sont souvent dominés par un cortège de graminées parmi lesquelles on trouve l’Avoine élevée Arrhenatherum elatius, le Pâturin commun Poa trivialis ou la Crételle Cynosurus cristatus.

Les haies

Elles constituent une des composantes essentielles du paysage et sont indissociables des prairies.

Elles bordent un grand nombre de fossés et sont pour l’essentiel composées d’Epines noires, de ronces, d’églantiers, d’aubépines, de viornes obier, de cornouillers sanguins.

Les principales essences d’arbres typiques du marais sont le Saule blanc Salix alba, le Saule roux Salix atrocinerea, l’Aulne glutineux Alnus glutinosa et le Frêne à feuilles étroites Fraxinus angustifolia.

Les parties les moins humides sont occupées par le Chêne pédonculé Quercus robur.

Jussie (Ludwigia peploides)

Les fossés, étangs et bras morts

Les franges sont colonisées par la Baldingère faux-roseau Phalaris arundinacea, le Roseau commun Phragmites australis, l’Iris des marais Iris pseudacorus, le Jonc épars Juncus effusus, la Salicaire Salicaria vulgaris et, plus rarement, le Butome en ombelle Butomus umbellatus, l’Hottonie des marais Hottonia palustris

En pleine eau, se développent les Lentilles d’eau, des Callitriches, des Potamots mais aussi des espèces invasives : la Jussie à grande fleur Ludwigia grandiflora, le Myriophylle du Brésil Myriophyllum aquaticum, l’Azollée filicoïde Azolla filicoides.

La flore

Voici quelques espèces que vous pourrez retrouver sur la Réserve naturelle.

  • Cardère sauvage
    On trouve cette plante dans les prés, les bords de champs et de routes, au soleil.
  • Angélique sylvestre
    C'est une ombellifère qui peut atteindre 2 mètres de haut et qui se trouve dans des endroits humides, des bords de cours d’eau.
  • Angélique des estuaires
    Cette espèce endémique des estuaires est aujourd’hui une espèce en sursis.
  • Bardane
    On la trouve en plein soleil, sur un sol profond, léger et bien drainé, sur des chemins.
  • Salicaire
    Plante vivace des milieux humides, marécages, la dispersion de ses graines se fait souvent via l’eau. Elle forme souvent d’importantes colonies.
  • Pulicaire dysentérique
    Cette plante vivace odorante se retrouve dans les bordures humides des chemins et des pièces d'eau.
  • Sureaux
    En Europe, on trouve le Sureau noir, le Sureau à baies rouges et le Sureau hièble dont les baies noires sont toxiques. Leurs habitats sont les forêts de feuillus mais aussi les décombres car les oiseaux y déposent les graines.
  • Jonc fleuri
    Plante aquatique herbacée, elle est un refuge pour les gastéropodes, les petits crustacés, les petits poissons, les tritons et les grenouilles.
    Cette espèce est protégée au niveau régional et est présente à l’est de la Réserve naturelle. 
  • Guimauve officinale
    On la trouve sur l’Atlantique ouest, dans des milieux humides : bords de mer ou prés salés.

Les invertébrés

Les invertébrés sont présents dans tous les habitats ou microhabitats (cavités des arbres, nids ou terriers...).

Chaque année, de nouvelles espèces viennent compléter les inventaires déjà conséquents (2272 espèces).

Certaines, à haute valeur patrimoniale, font l’objet d’une attention particulière, notamment un papillon, le Cuivré des marais Lycaena dispar ou bien l’Agrion de mercure Coenagrion mercuriale ou, parmi les mollusques, le rarissime et minuscule Vertigo de Desmoulins Vertigo moulinsiana.

L'avifaune

La Réserve Naturelle Nationale des marais de Bruges est un lieu d’escale, d’hivernage et de nidification pour un grand nombre d’oiseaux (plus de 229 espèces observées depuis la création de la réserve).

Cigogne blanche
  • Stationnement hivernal
    On observe d’importantes concentrations de canards de surface comme la Sarcelle d’hiver Anas crecca ou le canard souchet Anas clypeata, mais aussi des Bécassines des marais Gallinago gallinago, des Vanneaux huppés Vanellus vanellus
  • Halte migratoire
    Des hôtes prestigieux sont réguliers sur la Réserve naturelle : le Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus, le Faucon pélerin Falco peregrinus, la Spatule blanche Platalea leucorodia, la Cigogne noire Ciconia negra
  • Site de nidification
    La diversité des milieux favorise la nidification de nombreuses espèces. Le site est d’importance régionale, voire nationale, pour la reproduction de la Cigogne blanche Ciconia ciconia, du Héron cendré Ardea cinerea, du Milan noir Milvus migrans, de la Pie-grièche écorcheur Lanius collurio

Les mammifères

Putois (Mustela putorius)

Les micro-mammifères et les mammifères sont bien représentés. On note la présence, souvent discrète, de plus de 44 espèces.

Certaines sont spécifiques aux zones humides, comme le Campagnol amphibie Arvicola sapidus, la Musaraigne aquatique Néomys fodiens, le Putois Mustela putorius ou bien encore la Loutre d’Europe Lutra lutra et le rarissime Vison d’Europe Mustela lutreola.

On trouve des espèces plus communes comme le Chevreuil Capreolus capreolus, la Genette Genetta genetta, le Renard Vulpes vulpes ou le Sanglier Sus scrofa.

L’inventaire des chauves-souris totalise 12 espèces dont le Vespertilion de Daubenton Myotis daubentoni.

Les reptiles et amphibiens 

Cistude d'Europe

Dans les zones humides, on trouve des reptiles inféodés à ces zones comme la Couleuvre vipérine Natrix maura et la Couleuvre à collier Natrix helvetica.

Le bocage abrite la Couleuvre verte et jaune Hierophis viridiflavus, le Lézard vert Lacerta bilineata, la Rainette méridionale Hyla meridionalis.

Les étangs servent de sites de reproduction au Crapaud commun Bufo spinosus, à la Grenouille agile Rana dalmatina ou au Triton marbré Triturus marmoratus. En observant les berges, on peut découvrir la Grenouille de Perez Pelophylax perezi et la Cistude d’Europe Emys orbicularis.

Les poissons

La variation des paramètres physico-chimiques (température, substrat, oxygène…) du réseau hydrographique (jalles, fossés, étangs) influe sur la présence de 30 espèces de poissons dont la Lamproie de Planer Lampetra planeri.

La communication des jalles avec la Garonne permet la remontée d’espèces migratrices comme l’Anguille Anguilla anguilla, le Flet Platichtys flesus, le Mulet à grosses lèvres Chelon labrosus ou même quelques Lamproies fluviatiles Lampetra fluviatilis.

La gestion de la réserve naturelle

Divers aménagements et travaux sont entrepris pour assurer la conservation et la restauration des milieux :

  • remise en eau de certaines zones,
  • plantation de haies, 
  • pâturage extensif au moyen de races rustiques régionales (Poney landais et Vache marine landaise) afin d’éviter le boisement des prairies, 
  • lutte contre les espèces exotiques envahissantes...

Intérêt pédagogique

Une exposition permanente, un sentier long de 2,5 kilomètres et trois observatoires (dont deux accessibles aux personnes à mobilité réduite) sont libres d’accès.

Des visites guidées gratuites et des animations thématiques sont proposées tout au long de l’année.

Certains dimanches après-midi, des bénévoles réalisent des accueils postés pour montrer la faune au moyen d’une longue-vu

Réserve Naturelle Nationale des Marais de Bruges

Le Baron, avenue des Quatre Ponts
33520 BRUGES
05 56 57 09 89 - rnbruges@sepanso.org

Accès libre toute l'année / Entrée gratuite

Du lundi au mercredi et du samedi au dimanchede 10h à 18h
Fermeture hebdomadaire le jeudi et le vendredi 

Visites guidées sur RÉSERVATION

La Réserve Naturelle Nationale des Marais de Bruges est gérée par l'association SEPANSO, par délégation de l'Etat et avec le soutien financier de ses partenaires

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